Lubumbashi, 13 novembre 2025 — L’Assemblée provinciale du Haut-Katanga a franchi un pas important dans la protection des droits des travailleurs. Réunie en séance plénière ce jeudi à Lubumbashi, elle a annoncé la création d’une commission permanente chargée d’identifier les entreprises qui ne respectent pas la législation congolaise du travail.
Cette décision fait suite à une série de plaintes déposées par des travailleurs de plusieurs secteurs, dénonçant des conditions professionnelles contraires au Code du travail, à la Convention collective interprofessionnelle et aux directives de l’Inspection du travail.
Une initiative saluée pour lutter contre la précarité et les abus
Le président de l’Assemblée provinciale, Michel Kabwe, a précisé la mission confiée à la commission :
« Suite aux nombreuses plaintes reçues dans les entreprises publiques comme privées, il a été confié à la commission permanente Emploi de se déployer sur terrain afin d’identifier toutes les entreprises qui s’adonnent à des pratiques contraires au Code du travail, à la convention collective et aux orientations des autorités provinciales. »
À l’issue de sa mission, la commission présentera un rapport détaillé au Bureau de l’Assemblée provinciale pour d’éventuelles mesures disciplinaires, administratives ou légales.
Cette démarche constitue un signal fort dans un pays où, malgré la loi, de nombreuses entreprises ne disposent pas de syndicats internes, pratiquent des contrats précaires non conformes, ou violent systématiquement les droits sociaux élémentaires.
Même des banques commerciales et de grandes sociétés établies à Kinshasa et dans d’autres provinces sont régulièrement pointées du doigt pour le non-respect des normes en matière de syndicalisation, de temps de travail, de sécurité ou de salaires.
L’initiative du Haut-Katanga apparaît ainsi comme un modèle à encourager, pouvant inspirer d’autres provinces et même l’Assemblée nationale, afin de renforcer la protection du monde du travail à l’échelle nationale.
Un geste fort en faveur de l’inspection du travail
La commission pourra s’appuyer sur l’Inspection du travail, dont les interventions sont souvent limitées par le manque de moyens. En renforçant le dispositif provincial, l’Assemblée du Haut-Katanga contribue à redonner du poids à une institution pourtant essentielle à l’équilibre social.
Cette dynamique est saluée par plusieurs syndicats, qui voient dans cette démarche la possibilité de rééquilibrer les rapports entre employeurs et employés et de redonner confiance aux travailleurs souvent livrés à eux-mêmes.
Unanimité sur l’édit budgétaire rectificatif 2025
Au cours de la même plénière, les 39 députés présents ont adopté à l’unanimité l’édit budgétaire rectificatif de l’exercice 2025.
Le président Michel Kabwe a assuré que le texte serait transmis à l’exécutif provincial pour sa promulgation, ce qui permettra d’ajuster les priorités financières de la province.
Retour de mission à Kinshasa : coordination nationale renforcée
Les élus provinciaux ont également suivi la restitution du rapport présenté par le rapporteur de l’Assemblée, David Kitondo, relatant la participation du président de l’Assemblée provinciale à la réunion de Kinshasa convoquée par le vice-Premier ministre de l’Intérieur.
Cette rencontre, qui rassemblait gouverneurs et présidents d’assemblées provinciales, visait à harmoniser la gouvernance territoriale et à renforcer la coordination entre niveaux national et provincial.
Vers une gouvernance provinciale plus protectrice des travailleurs
Avec la mise en place de cette commission d’identification des entreprises hors-la-loi sociale, le Haut-Katanga envoie un signal clair : la précarisation des travailleurs et la violation du Code du travail ne seront plus tolérées.
Cette démarche devrait servir d’exemple à d’autres institutions, y compris au Parlement national, dans un contexte où la protection des travailleurs demeure un enjeu crucial pour le développement économique et social de la RDC.
