La plupart des entreprises publiques en République démocratique du Congo (RDC) évoluent dans des conditions difficiles au point qu’elles ont perdues leur efficacité par rapport à leur objet social. C’est ce qui explique que vers les années nonante, le vocable «canard boiteux» désignait les entreprises publiques qui ne fonctionnaient plus à plein régime. Il a fallu attendre vers les années 2000 pour que quelques unes de ces entreprises avaient commencé à reprendre leurs activités grâce aux reformes initiées par les autorités politiques.
Aujourd’hui, l’on a constaté qu’une autre pratique est en train d’appauvrir à nouveau certaines entreprises publiques, il s’agit des saisies judiciaires. Et pour mettre fin à cette pratique, le Ministre de Justice et Garde des sceaux, M. Constant Mutamba a, dans un communiqué, appelé les entreprises publiques et privées œuvrant en RDC à signaler l’état de leurs biens saisis par la Justice. Ainsi, ces entreprises avaient un délai de 72 heures pour communiquer à la Commission de gestion de biens saisis et confisqués (Cogebisco), l’état de tous les biens et sommes d’argent saisi ou confisqué. Il s’agit des entreprises ci-après; la Snel, la Banque Centrale du Congo et les banques commerciales ainsi que les autres services concernés dont la Direction générale des douanes et accises (DGDA), l’Office national des transports (Onatra), et tant d’autres.
Il faut reconnaître que cette décision, si elle est bien exécutée va contribuer à lutter contre le détournement et le blanchiment des capitaux dont se livrent certains personnels de la Justice à travers des saisies abusives des biens. Mais cette pratique n’a pas échappé à la vigilance du Ministre Mutamba voilà pourquoi il a lancé ce communiqué.
Parmi ces entreprises le cas de la Snel a beaucoup été abordé dans les réseaux sociaux car cette dernière est en train de fournir quelques temps des efforts pour arriver à servir la population. Certaines personnes qui veulent s’en prendre à cette entreprise multiplient diverses stratégies, avec l’aide d’une certaine justice à la solde des intérêts obscurs, pour arriver à leur fin de porter un coup d’arrêt à la relance qu’enregistre cette entreprise. Elles réussissent à faire saisir les avoirs de cette société, parfois pour des affaires remontant au déluge ou encore pour le moindre contentieux d’électrocution ou d’avarie quelconque causée par l’électricité.
Ainsi par exemple, après la saisie de ses comptes, la Snel a dû dernièrement débourser une somme de plus de 120.000 USD pour obtenir l’autorisation de faire déplacer 78 de ses camions chargés des matériels sensibles bloqués à Kasumbalesa pendant cinq jours. Une somme qui aurait pu servir à contribuer à l’amélioration du service pour offrir encore beaucoup d’électricité à ses abonnés.
Beaucoup d’exploits ont été réalisés par le Comité de gestion de la Snel qui est entrain de réussir là où leurs prédécesseurs avaient échoué. Pourtant, ce que l’on croyait impossible, devient chaque jour davantage possible tel que la réparation des turbines d’Inga II et l’amélioration de la capacité de production jusqu’à avoisiner la capacité installée de 1750 mégawatts. La consolidation du réseau de distribution de l’électricité dans la capitale est également à l’ordre du jour. Au point que même si la production totale du site d’Inga n’est pas encore en mesure de satisfaire la demande de Kinshasa évaluée à 2500 mégawatts, on sent et on voit que la Snel est sur la bonne voie de sa renaissance.
Par ailleurs, il faut dire que d’autres entreprises publiques connaissent ce genre de situation. Voilà pourquoi, la décision du Ministre est saluée car il a constaté que les officiers de la police judiciaire, et ceux du ministère public ainsi que des magistrats du Parquet ne transmettent pas à la Cogebisco les objets saisis et les procès-verbaux y relatifs. Ainsi, il leur enjoint de se conformer aux instruments juridiques en la matière. C’est aussi là une manière de faire appliquer les six engagements du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi pour son nouveau mandat à la tête du pays. ATK
