Incompréhension et indignation après l’adoption, jeudi dernier, par l’Assemblée provinciale du Maï-Ndombe, d’une résolution portant suspension des pétitions et motions pendant la période de guerre que traverse la RDC. Sous prétexte de garantir la stabilité institutionnelle dans un contexte de crise nationale, les députés provinciaux ont décidé de saper, en toute conscience, les fondements mêmes de leur mission constitutionnelle.
Une autolimitation controversée.
Cette décision, que certains n’hésitent pas à qualifier de « résolution de la honte », équivaut à une auto-mutilation du pouvoir de contrôle de l’Assemblée provinciale. Elle suspend de fait les mécanismes démocratiques permettant de demander des comptes au gouvernement provincial, alors même que les défis sont criants sur le terrain : mauvaise gouvernance, services sociaux en déliquescence, et opacité dans la gestion des ressources.
À l’heure où la RDC a besoin d’institutions fortes, responsables et proches du peuple, cette manœuvre politicienne sonne comme un recul démocratique majeur. Les regards sont désormais tournés vers les autres provinces : suivront-elles cet exemple périlleux, ou choisiront-elles de préserver leur rôle de garde-fous de la gouvernance provinciale ?
La Loi sur la libre administration des provinces, pourtant claire, confère aux assemblées provinciales un rôle législatif et de contrôle sur les affaires provinciales. En gelant les pétitions et motions instruments essentiels à ce contrôle, les élus provinciaux s’exonèrent eux-mêmes de leur responsabilité envers le peuple.
Un précédent dangereux.
Le président de l’Assemblée provinciale, Pascal Lokolo, a justifié cette démarche comme un acte de stabilisation des institutions provinciales. Mais à quel prix ? En période de crise, la démocratie a besoin de plus de transparence, pas de moins. Cette mesure pourrait faire école dans d’autres provinces et instaurer une culture de l’impunité institutionnelle au niveau local.
Scier la branche sur laquelle on est assis
En adoptant cette résolution, l’Assemblée provinciale du Maï-Ndombe s’est tirée une balle dans le pied. En bloquant les mécanismes de redevabilité, elle alimente le discrédit déjà grandissant des institutions locales auprès des citoyens. Le Travailleur
