https://letravailleur.net/backend/upload/profil/8042144446930493419d136.63214993.jpg

RDC : Le Gouvernement Interdit Les Activités Du Mouvement « Sauvons Le Congo » De Joseph Kabila

Le gouvernement congolais a décidé d’interdire toutes les activités du mouvement « Sauvons le Congo », une plateforme lancée par l’ancien Président de la République, Joseph Kabila. La mesure s’applique sur l’ensemble du territoire national.

Dans un télégramme adressé le lundi 1er décembre aux gouverneurs de provinces, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité, Jacquemain Shabani, exige l’application stricte de cette interdiction et prévient que des sanctions seront infligées à toute autorité provinciale qui n’exécuterait pas cette directive.

La réaction de la famille politique de Kabila

Du côté de la plateforme, la décision est accueillie avec consternation. Ferdinand Kambere, secrétaire permanent adjoint du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) membre du mouvement interdit, dénonce ce qu’il qualifie de « théâtre » et de « distraction ».

« C’est une distraction de plus. L’essentiel, ils ne sont pas là, mais ramener la population dans une distraction, là, ils sont très forts », a-t-il déclaré.

Le « Mouvement Sauvons la RDC » avait été créé à la suite du conclave organisé par Joseph Kabila les 14 et 15 octobre à Nairobi, au Kenya. Selon ses initiateurs, il vise à « mettre fin à la tyrannie, restaurer la démocratie et favoriser la réconciliation nationale ».

Kambere s’interroge sur le fait que cette plateforme, composée de forces politiques et sociales congolaises, soit devenue une urgence sécuritaire aux yeux du gouvernement, alors que celui-ci poursuit des négociations avec le mouvement rebelle M23 à Doha, au Qatar.

Un contexte marqué par la suspension du PPRD

Cette interdiction intervient quelques jours seulement après la suspension du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), la formation politique de Joseph Kabila. Cette suspension avait été confirmée par une notification du tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe, adressée le 27 octobre au secrétaire permanent du parti.

Selon cette notification, l’arrêté signé le 18 octobre par le ministre de l’Intérieur reprochait au PPRD une « complicité » avec la rébellion de l’AFC/M23, active dans l’Est de la RDC des accusations rejetées par les responsables du parti.

Une mise en garde contre les accords internationaux

Pour Ferdinand Kambere, la réaction du pouvoir en place s’explique par la position ferme de la plateforme de Joseph Kabila. Il affirme que « que ce soit à Doha ou à Washington », le mouvement ne cautionnera pas « des accords susceptibles de sacrifier la souveraineté et l’intégrité du territoire » au profit du régime en place. Le Travailleur