Au Bénin, un groupe de militaires est apparu dimanche matin sur la télévision publique pour annoncer avoir « démis de ses fonctions » le président Patrice Talon, en poste depuis 2016. Le lieutenant-colonel Tigri Pascal a déclaré prendre la tête d’un « Comité de la refondation militaire », chargé d’assurer la transition.
Peu après cette annonce, la situation s’est tendue à Cotonou. Des tirs ont été entendus dans la zone du port et autour du palais présidentiel, tandis que des hélicoptères survolaient les quartiers administratifs. Les accès à la Marina ont été bloqués par des unités lourdement armées. Selon des sources sécuritaires, il s’agirait d’une tentative de coup d’État organisée durant la nuit.
Aucune déclaration officielle du gouvernement ou de l’entourage du président Talon n’a été publiée pour confirmer sa localisation ou son état. Le chef de l’État, dont le mandat devait s’achever en 2026, reste introuvable. Ce silence alimente les spéculations et contribue au climat d’incertitude.
Au cours de ses dix années au pouvoir, Patrice Talon avait mené plusieurs réformes économiques et administratives majeures, tout en étant accusé par ses opposants d’avoir restreint l’espace démocratique et affaibli les contre-pouvoirs. Les tensions politiques s’étaient accentuées ces dernières années à l’approche de la future transition électorale.
Dans les rues de Cotonou, les habitants oscillent entre inquiétude et prudence. Certains redoutent une escalade militaire, d’autres espèrent un changement après des années de crispation politique. Les institutions régionales, dont la CEDEAO, pourraient réagir, mais aucune position officielle n’a encore été annoncée.
Le pays attend désormais les premières mesures du Comité militaire et une clarification sur le sort du président Talon. Le Bénin, longtemps considéré comme un bastion de stabilité démocratique en Afrique de l’Ouest, entre dans une période d’incertitude majeure.
