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RDC: Est-il Possible De Lutter Efficacement Contre La Pauvreté à Travers La Microfinance ?

Malgré ses potentialités énormes qui peut faire d’elle, un des pays les plus riches du monde, la République démocratique figure parmi les pays les plus pauvres du monde. D’aucuns se posent la question si la microfinance peut être un des atouts pour lutter efficacement contre la pauvreté étant donné le manqué criant des ressources financières de la part d’une grande majorité de la population. C’est quoi une institution de micro finance et en quoi consiste-elle ?

La microfinance peut être comprise comme une banque des gagnes petits. L’activité qui consiste à prêter de l’argent, généralement un faible montant et pour une durée courte, afin de permettre aux exclus du système bancaire de développer un projet professionnel générateur de revenus, est connue sous le nom de microfinance. Les entités qui, localement à l’échelle d’une ville, d’une région ou d’un pays, exercent l’activité de microfinance portent le nom d’Institutions de Microfinance (IMF). On les appelle également « Banques des pauvres ». Il s’agit généralement d’ONG ou de coopératives mais elles peuvent également prendre la forme d’une société (ayant parfois le statut de banque).

François Plantureux, un Conseiller pour le développement international de Dexia Crédit Local, la banque spécialisée dans le financement des collectivités locales, souligne qu’il est normal de se poser la question : «est-ce que la microfinance peut lutter efficacement contre la pauvreté «? Il s’agit d’un problème complexe. Les causes de la pauvreté sont multiples et difficiles à établir. Augmenter les revenus des pauvres est nécessaire mais les problèmes de santé et d’éducation sont également importants. C’est tout le problème du développement. Pour y voir plus clair, des études d’impact ont été financées par les bailleurs de fonds et concluent généralement en faveur de la microfinance. Il faut cependant souligner que les difficultés méthodologiques de ces études et leur coût élevé en limitent la portée.

Une des principales critiques sur la microfinance concerne les taux d’intérêt élevés qu’elle pratique. Le problème auquel doit faire face une IMF qui n’est pas subventionnée est de couvrir ses frais généraux avec des opérations dont le montant unitaire est très faible (une centaine de dollars) et dont le suivi est très lourd. Il n’y a pas d’autre moyen que des taux élevés pour assurer la pérennité de l’institution. Il faut cependant souligner que, si les taux demandés sont élevés, les revenus que tirent les bénéficiaires de leur microcrédit sont généralement très élevés et le paiement des intérêts est rarement un problème.

Dans le même esprit, on accuse les IMF de conduire les pauvres au surendettement. Cela peut arriver. Il faut que la sélection des emprunteurs s’effectue très sérieusement pour réduire ce risque. Mais il faut aussi pratiquer un accompagnement rapproché tout au long de la période de crédit. On constate que les bonnes IMF ont un taux de remboursement compris entre 95 % et 99 %. Ce n’est pas par hasard, c’est une question de méthode et de professionnalisme.

Autre critique que l’on entend : la microfinance n’atteint pas les plus pauvres, dans la mesure où ceux-ci sont inactifs. Ce n’est qu’en partie vrai : des études ont montré que les IMF se donnaient souvent pour objectif d’atteindre les plus pauvres. Mais il s’agit d’un mauvais débat. Même si la microfinance était réservée aux pauvres se situant juste au-dessous du seuil de pauvreté, cela constituerait déjà un grand succès. Et qui aurait le droit d’interdire à la microfinance d’intervenir dans ce segment de population si son action y est efficace ?

On reproche aussi à la microfinance d’être un accélérateur de différenciation sociale, créant un nouveau fossé entre ceux qui en bénéficient et les autres. C’est vrai mais cela devrait inciter les autres à s’y engager !

Enfin, certains critiquent le fonctionnement des IMF, leur reprochant d’être mal gérées et d’être elles-mêmes parfois en situation de précarité. Malheureusement, cela arrive ! Si des IMF connaissent le succès, il ne faut cependant pas cacher que d’autres sont confrontées à de sérieuses difficultés financières, notamment en Afrique de l’Ouest. Certaines faillites retentissantes ont eu un impact très négatif sur l’image de la microfinance. Les problèmes rencontrés par les IMF peuvent résulter de causes externes (économiques, climatiques ou politiques) qui conduisent à une baisse des revenus des emprunteurs. Mais ce sont surtout les causes internes aux IMF qui sont à l’origine des problèmes : mauvaise gestion, manque de compétence du personnel, absence de culture d’entreprise, système d’information rustique, absence de procédures et de contrôle interne, croissance mal maîtrisée, mauvaise sélection des crédits, suivi laxiste, fonds propres insuffisants …

On vient de le voir, les critiques existent. Mais elles ne remettent pas vraiment en cause le bien-fondé de la microfinance. Et, surtout, elles n’offrent aucune solution alternative. La charité est indispensable pour faire face aux situations d’urgence. Mais, pour lutter efficacement et durablement contre la pauvreté, la charité n’est pas la solution. Elle a un effet pervers en n’encourageant pas les initiatives des pauvres et en créant un assistanat qui contribue à perpétuer la pauvreté. La vraie solution consiste plutôt à donner aux pauvres des moyens pour qu’ils puissent se prendre en charge et construire un projet qui leur permettra, outre d’en tirer des revenus, de reconstruire leur identité et de retrouver une dignité.

Des études d’impact ont clairement montré que les actions des IMF permettaient à leurs clients d’améliorer substantiellement leurs revenus, leur alimentation, leur santé, l’éducation de leurs enfants, le confort de leur logement et, plus généralement, la qualité de leur vie. On peut également observer que la microfinance n’a pas seulement un impact sur les individus mais sur l’ensemble de l’économie d’une région. Ainsi, on considère que la microfinance a été l’un des facteurs qui ont contribué au développement du Bangladesh ces dernières années.

La Banque centrale au banc des accuses

La microfinance n’est certes pas la panacée universelle dans la lutte contre la pauvreté mais elle constitue un instrument très efficace qui s’inscrit bien dans une stratégie de lutte durable contre la pauvreté. Et la preuve en est que l’accès au microcrédit a complètement changé la vie de dizaine de millions de pauvres. Pour M.Seraphin M. Secrétaire Exécutif a.i de l’Union des Coopératives centrales d’épargne et de credit (UCCEC) a fait savoir que la Banque centrale qui est la banque des banques est à la base de la faillitte de plusieurs paysans qui ont perdu leurs avoirs depuis l’époque du Zaire avec plusieurs démonétisation que le pays a connues.

«Il était question pour la Banque centrale de rembourser l’argent des paysans logés dans ses comptes qui ont subi plusieurs cas d’inflation en utilisant les différents taux de change de dollars appliqué en son temps comme une valeur refuge. Malheureusement tous les gouverneurs qui se sont succédés au sein de la Banque n’ont jamais pris en compte cette situation de paiement de la dette extérieure afin d’aider les Coopec et leurs membres à se retrouver», a-t-il souligné. Avant d’affirmer que face à un manque criant d’institutions bancaires, le gouvernement et la Banque centrale ont tout intérêt à se pencher sur cette question des IMF. Il est question de suivre le modèle de la Grramen Bank au Bangladesh qui a été le précurseur des IMF.

 

 Godefroid Ngamys