Conformément à son communiqué officiel du 17 décembre 2025 publié sur son site internet, la Banque Centrale du Congo (BCC) est intervenue sur le marché des changes ce jeudi 18 décembre 2025 par la vente de devises. Cette action s’inscrit dans une stratégie appelée à se poursuivre au cours des prochaines semaines, avec pour objectif principal de contenir la volatilité excessive du taux de change, alimentée notamment par l’augmentation de la demande en devises exprimée par les banques commerciales.
Dans ce contexte, la Banque Centrale invite la population ainsi que les opérateurs économiques à privilégier l’épargne et les transactions en Franc congolais, afin de contribuer à la préservation de la valeur de la monnaie nationale. Par cette démarche, l’institution réaffirme sa volonté de renforcer la crédibilité du cadre monétaire et de rassurer les agents économiques. La BCC entend ainsi joindre l’acte à la parole, en mettant en œuvre les mesures qu’elle annonce publiquement.
L’appel de la Banque Centrale à l’épargne et aux échanges en Franc congolais constitue une étape importante dans le processus de dédollarisation de l’économie. Toutefois, la confiance dans une monnaie ne se décrète pas. Elle se construit progressivement, à travers une stabilité durable du taux de change et une maîtrise effective de l’inflation sur une période suffisamment longue.
L’expérience internationale, notamment celle de plusieurs pays émergents, montre que la population adopte naturellement la monnaie nationale lorsque celle-ci démontre sa capacité à conserver sa valeur dans le temps. À cet égard, les interventions ponctuelles sur le marché des changes doivent s’inscrire dans une politique monétaire cohérente, prévisible et soutenue.
Par ailleurs, la dédollarisation ne saurait être pleinement efficace sans l’implication de l’État sur le plan budgétaire et fiscal. La fixation des impôts, taxes et redevances exclusivement en monnaie nationale renforcerait la demande structurelle du Franc congolais et consoliderait son rôle comme unité de compte et moyen de paiement. Sans cette cohérence entre politique monétaire et politique fiscale, les efforts de stabilisation risquent de produire des effets limités.
En définitive, l’acceptation du Franc congolais comme monnaie d’épargne et de transaction dépendra moins des injonctions institutionnelles que de la constance des résultats obtenus en matière de stabilité macroéconomique et de discipline budgétaire. Le Travailleur
