À l’occasion du sixième anniversaire de son parti politique Ensemble pour la République, l’opposant congolais Moïse Katumbi est monté au créneau pour dresser un tableau sombre de la situation politique, sécuritaire et sociale en République démocratique du Congo. Dans un communiqué rendu public ce dimanche, l’ancien gouverneur du Katanga dénonce une intolérance politique croissante, une gouvernance qu’il juge défaillante et une dégradation continue de la sécurité, en particulier dans l’Est du pays.
Fondé en 2019, Ensemble pour la République s’était présenté dès sa création comme une alternative politique prônant la démocratie, l’État de droit et la bonne gouvernance. Six ans plus tard, son président estime que ces idéaux sont mis à rude épreuve. Selon lui, la RDC reste engluée dans une crise multidimensionnelle, marquée par la poursuite des conflits armés et l’incapacité des autorités à garantir la sécurité des citoyens.
Moïse Katumbi pointe particulièrement la situation dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, où les populations vivent, dit-il, sous la menace permanente des groupes armés. Il attribue cette insécurité persistante à des « choix politiques désastreux », à l’échec de l’État dans sa mission régalienne de protection des populations, ainsi qu’au refus de s’attaquer aux causes profondes des conflits qui endeuillent l’Est du pays depuis plusieurs décennies.
Sur le plan de la gouvernance, l’opposant dénonce une corruption qu’il qualifie de généralisée, un fossé grandissant entre l’État et les citoyens, ainsi que l’extrême pauvreté dans laquelle vit une majorité de Congolais, privés selon lui d’un accès réel aux services sociaux de base. Il accuse par ailleurs le régime en place d’une dérive autoritaire, évoquant de graves violations des droits humains, notamment des arrestations arbitraires, des détentions illégales, des enlèvements, des actes de torture et l’instrumentalisation de la justice contre des opposants politiques, des journalistes et des acteurs de la société civile.
Face à ce qu’il décrit comme une crise profonde de l’État, Moïse Katumbi plaide pour une sortie de crise par le dialogue. Il estime que « la seule voie crédible » passe par un dialogue inclusif réunissant le gouvernement, l’opposition politique non armée, l’AFC/M23 ainsi que la société civile, sous l’égide conjointe de la CENCO et de l’ECC.
Dans la même dynamique, le leader d’Ensemble pour la République annonce la mise en place prochaine d’un directoire national de son parti et lance un appel à une mobilisation nationale pacifique en faveur de la liberté, de la démocratie et de la dignité humaine. Convaincu que le changement reste possible, il invite les Congolais à ne pas céder au découragement.
Six ans après sa création, Ensemble pour la République se repositionne ainsi au cœur du débat national. Reste à savoir si cet appel au dialogue et à la mobilisation pacifique trouvera un écho suffisant pour infléchir le cours d’une crise qui continue de peser lourdement sur l’avenir du pays. Le Travailleur
