La Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo a réhabilité, vendredi, Paulin Lendongolia dans ses fonctions de gouverneur de la province de la Tshopo, dans le nord-est du pays. Cette décision intervient après sa déchéance votée le 27 octobre 2025 par l’Assemblée provinciale, à l’issue d’une audience de contrôle de constitutionnalité.
Dans son arrêt, la haute juridiction a jugé la motion de déchéance contraire à la Constitution.
« Après avis du procureur général, la Cour se déclare compétente, déclare la requête recevable et fondée. Par conséquent, est inconstitutionnelle, donc nulle et de nul effet, la motion de déchéance votée le 27 octobre 2025 contre M. Paulin Lendongolia, lequel est réhabilité dans ses fonctions de gouverneur de la province de la Tshopo », a déclaré Dieudonné Kamuleta, président de la Cour constitutionnelle.
Pour rappel, Paulin Lendongolia avait été déchu par les députés provinciaux à la suite de griefs liés à sa gestion, lors d’une session marquée par de fortes tensions politiques au sein de l’Assemblée provinciale. Cette décision avait immédiatement provoqué une crise institutionnelle au niveau provincial, avant que l’affaire ne soit portée devant la Cour constitutionnelle.
Si l’arrêt de la Cour s’impose juridiquement à toutes les institutions, il soulève néanmoins une question politique majeure : comment un gouverneur peut-il reprendre effectivement la direction d’une province alors qu’il ne bénéficie plus de la confiance de l’Assemblée provinciale, organe de contrôle de l’exécutif local ? La rupture de confiance entre le gouverneur et les élus provinciaux risque de compliquer la gouvernance, la collaboration institutionnelle et la mise en œuvre des politiques publiques dans la province de la Tshopo.
Au-delà de la légalité réaffirmée par la Cour constitutionnelle, la réhabilitation de Paulin Lendongolia pose le défi de la légitimité politique et de la stabilité institutionnelle au niveau provincial. L’avenir dira si le gouverneur parviendra à restaurer un climat de confiance avec l’Assemblée provinciale ou si cette décision ouvrira une nouvelle phase de tensions politiques dans la Tshopo.
Le Travailleur
