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Lualaba : Le Gouvernement S’emploie à Résoudre La Question De L’exploitation Minière Artisanale Sur Les Sites Privés

Sur instruction du Chef de l’État, un travail de fond est actuellement mené afin de trouver une solution durable à la problématique de l’occupation illégale des sites miniers par les creuseurs artisanaux dans la province du Lualaba. C’est ce qu’a affirmé la gouverneure de province, Fifi Masuka, soulignant l’implication de l’ensemble des parties prenantes dans ce dossier sensible.

Selon l’autorité provinciale, les concertations en cours associent notamment le ministre national des Mines, les services techniques spécialisés, ainsi que les autorités provinciales, dans l’objectif de rétablir l’ordre tout en préservant les droits des exploitants artisanaux légalement reconnus.

La gouverneure a tenu à rappeler le rôle central du Service d’Assistance et d’Encadrement de l’Exploitation Minière Artisanale et à Petite Échelle (SAEMAPE), un service public placé sous la tutelle du ministère des Mines, chargé de l’encadrement et de l’accompagnement des creuseurs artisanaux. Elle a également souligné que le SAEMAPE constitue un partenaire clé sur le terrain dans la gestion de cette problématique.

« Le travail se fait de manière concertée avec toutes les parties concernées. Le Directeur général du SAEMAPE, sous la tutelle du ministre des Mines, participe aux réunions conformément aux décisions de l’autorité suprême. Sont également impliqués le Directeur général de la CAMI, les autorités provinciales ainsi que les conseillers. Au besoin, d’autres services sont associés, et l’ensemble du processus se déroule très bien », a déclaré Fifi Masuka.

Dans l’attente d’une solution définitive, des mesures conservatoires ont été prises. Une grande partie des creuseurs artisanaux occupant illégalement certains sites miniers appartenant à des sociétés privées, notamment le site de Kasese, ont été évacués. Cette opération vise à faire respecter la législation minière en vigueur, qui interdit toute exploitation artisanale à l’intérieur des concessions minières privées.

Toutefois, ces déguerpissements ont suscité des tensions, certains creuseurs exprimant leur mécontentement et revendiquant le droit à l’accès aux ressources minières, dans un contexte marqué par la précarité sociale et le manque d’alternatives économiques.

La gouverneure du Lualaba a rappelé que l’exploitation minière artisanale est reconnue par la loi en République démocratique du Congo, mais qu’elle doit impérativement s’exercer dans des zones d’exploitation artisanale dûment identifiées.

« L’artisanat minier est une activité légale en RDC, mais les artisans ne doivent pas travailler dans les sites appartenant aux sociétés privées. Ils doivent exercer dans des zones d’exploitation artisanale. Sur instruction du Président de la République, nous travaillons avec le ministre des Mines, les conseillers et le directeur général de la CAMI afin de trouver, dans les plus brefs délais, une solution au problème de l’envahissement des sites privés par les artisans », a-t-elle précisé.

Depuis plusieurs années, la province du Lualaba fait face à une cohabitation difficile entre l’exploitation minière industrielle et l’exploitation artisanale. L’insuffisance des zones d’exploitation artisanale viabilisées, la pression démographique et la recherche de moyens de subsistance ont conduit de nombreux creuseurs à s’installer illégalement dans les concessions des sociétés minières privées, provoquant des conflits récurrents, des pertes économiques et des enjeux sécuritaires.

Les autorités nationales et provinciales ont, à plusieurs reprises, tenté de réguler le secteur à travers des opérations de déguerpissement, des campagnes de sensibilisation et des projets d’encadrement des artisans, sans toutefois parvenir à une solution définitive et consensuelle.

Face à la persistance du problème, les autorités misent désormais sur une approche concertée, combinant respect de la loi, encadrement des creuseurs artisanaux et sécurisation des sites miniers. La réussite de ce processus dépendra de la mise en place effective de zones d’exploitation artisanale viables, du renforcement du rôle du SAEMAPE et d’un dialogue permanent avec les communautés concernées.

Dans une province où le secteur minier constitue le principal moteur économique, la gestion équilibrée de l’exploitation artisanale demeure un enjeu majeur pour la stabilité sociale et le développement durable du Lualaba.       

Le Travailleur