Kinshasa, 30 décembre 2025) – La République démocratique du Congo a franchi une nouvelle étape dans la réforme de sa gouvernance forestière. Le projet d’appui à l’amélioration de la Politique forestière nationale (PFN) a été officiellement présenté mardi à Kinshasa, lors d’un atelier réunissant des acteurs de la société civile, des experts environnementaux et des partenaires impliqués dans le processus REDD+.
Portée par le Groupe de travail climat REDD+ Renové (GTCRR), cette initiative vise à renforcer la qualité, la cohérence et l’inclusivité de la Politique forestière nationale, en mettant un accent particulier sur la contribution structurée de la société civile.
« Le projet que nous avons présenté aujourd’hui vise à améliorer la Politique forestière nationale en renforçant sa qualité et sa cohérence à travers les apports de la société civile », a déclaré Guy Kajemba, coordonnateur du GTCRR.
Un projet axé sur l’analyse et la concertation nationale
Selon ses initiateurs, le projet entend procéder à une analyse approfondie des lacunes de la PFN actuelle, organiser des consultations provinciales, consolider les propositions issues des organisations de la société civile, puis plaider pour leur intégration effective dans le processus officiel de révision de la politique forestière.
Guy Kajemba a souligné la nécessité d’une meilleure articulation entre la Politique forestière nationale et le Code forestier, toujours en vigueur mais jugé perfectible.
« Le Code forestier est une loi qui doit encore être largement retravaillée. Mais, en attendant, il est essentiel qu’il soit aligné sur la Politique forestière nationale. Il doit intégrer les préoccupations des communautés locales et des peuples autochtones, dont les réalités spécifiques ne sont pas toujours suffisamment prises en compte », a-t-il expliqué.
Une réforme inscrite dans un long processus
L’amélioration de la Politique forestière nationale s’inscrit dans un processus de longue haleine en RDC, pays qui abrite plus de 155 millions d’hectares de forêts, soit le deuxième massif forestier tropical du monde après l’Amazonie. Depuis plus d’une décennie, la RDC s’est engagée dans des réformes visant à concilier préservation des forêts, lutte contre le changement climatique et développement socio-économique.
C’est dans ce cadre que le pays a adhéré au mécanisme REDD+ (Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts), avec l’adoption en 2015 du Plan d’Investissement REDD+, document de référence qui reconnaît explicitement le rôle central de la société civile dans la mise en œuvre de cette stratégie.
Le rôle clé du GTCRR dans le processus REDD+
Mandaté comme interlocuteur officiel de la société civile dans le processus REDD+, le GTCRR occupe une place stratégique dans les instances de gouvernance environnementale. Il est représenté au sein du Comité de pilotage et du Comité technique du Fonds national REDD+ (FONAREDD), ainsi que dans les comités de pilotage des programmes sectoriels et intégrés, et dans les cadres locaux de concertation.
Cette position permet au GTCRR de relayer les préoccupations des communautés locales, des peuples autochtones et des organisations environnementales, afin de garantir une gestion forestière plus inclusive et durable.
À travers ce projet d’appui à l’amélioration de la Politique forestière nationale, la RDC réaffirme son ambition de bâtir une gouvernance forestière plus cohérente, participative et adaptée aux réalités du terrain. En plaçant la société civile au cœur du processus de réforme, les autorités et leurs partenaires cherchent à renforcer la légitimité et l’efficacité des politiques publiques dans un secteur vital pour l’avenir écologique, économique et climatique du pays. La réussite de cette démarche dépendra toutefois de la capacité des institutions à traduire ces propositions en actes concrets et durables. Le Travailleur
