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Dialogue Social Autour Du SMIG : La FEC Appelle à La Concertation Malgré Le Boycott Syndical

Kinshasa –  La Fédération des Entreprises du Congo (FEC) a fait part de sa préoccupation face à l’évolution du dialogue social relatif à l’application du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) en République démocratique du Congo. Dans un communiqué rendu public, l’organisation patronale indique suivre avec une attention soutenue les discussions en cours, tant dans l’ensemble des secteurs économiques que dans des secteurs jugés sensibles, notamment l’agro-industriel, le pastoral et le forestier.

La FEC rappelle que la session extraordinaire de la 37ᵉ session du Conseil National du Travail (CNT), convoquée à partir du 23 décembre 2025, constitue le cadre légal et institutionnel prévu pour examiner les modalités d’application du SMIG. Le CNT demeure, selon elle, l’organe approprié de concertation tripartite réunissant le Gouvernement, les Employeurs et les Travailleurs, avec pour mission de rechercher des solutions équilibrées, concertées et durables.

Dans ce contexte, la FEC insiste sur l’importance du dialogue social structuré, considéré comme le seul mécanisme capable de concilier les impératifs de protection du pouvoir d’achat des travailleurs et les réalités économiques des entreprises, particulièrement dans les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre.

Tout en exprimant ses regrets, la Fédération des Entreprises du Congo déplore la décision de l’Intersyndicale Nationale du Travail de boycotter les travaux du CNT. Pour la FEC, un tel boycott ne saurait se substituer à un dialogue responsable et inclusif. Elle estime qu’en se retirant du cadre institutionnel prévu, les partenaires sociaux risquent de fragiliser le processus de mise en œuvre harmonieuse du décret portant fixation du SMIG.

La FEC met en garde contre les conséquences possibles d’une application non concertée du SMIG, qui pourrait accentuer les tensions sociales, fragiliser certaines entreprises et, à terme, menacer l’emploi, notamment dans les secteurs agro-industriel, pastoral et forestier déjà confrontés à de multiples contraintes structurelles.

La question du SMIG en RDC s’inscrit dans une longue dynamique de revendications sociales visant à adapter le salaire minimum au coût de la vie et aux exigences de la justice sociale. Depuis l’adoption du décret fixant le SMIG, son application effective a suscité des débats récurrents entre les partenaires sociaux, opposant la nécessité d’améliorer les conditions de vie des travailleurs à la capacité réelle des entreprises à supporter les charges salariales supplémentaires.

Le Conseil National du Travail a, par le passé, servi de cadre privilégié pour désamorcer ces tensions, grâce à des compromis issus du dialogue tripartite. C’est dans cette continuité que la session extraordinaire actuelle a été convoquée.

En définitive, la sortie de la FEC met en lumière les fragilités persistantes du dialogue social en RDC. Si tous les acteurs s’accordent sur l’importance du SMIG comme outil de justice sociale, les divergences sur ses modalités d’application menacent d’entraver son efficacité. À l’heure où le pays cherche à concilier croissance économique, stabilité sociale et protection des travailleurs, le retour de tous les partenaires autour de la table du CNT apparaît plus que jamais comme une condition essentielle pour éviter l’impasse et préserver la paix sociale.                Le Travailleur