https://letravailleur.net/backend/upload/profil/profil695e0a0a540b6_1767770634.jpg

Droits Des Travailleurs : Samuel Mbemba Engage Une Médiation Inédite à Kinshasa

Kinshasa, 6 janvier – Le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a officiellement lancé, mardi à Kinshasa, un processus de médiation dédié à la protection des droits fondamentaux des travailleurs. L’initiative, présentée comme un mécanisme d’écoute et d’accompagnement, vise à offrir aux employés lésés un cadre institutionnel de dialogue, sans empiéter sur les prérogatives des juridictions compétentes.

Installé dans son cabinet de travail, situé dans la commune de la Gombe, le ministre a reçu de nombreux ouvriers venus exposer des situations de violations présumées de leurs droits professionnels. Retards de paiement, non-respect des avantages sociaux ou abus contractuels figurent parmi les préoccupations soulevées.

Face à la presse, Samuel Mbemba a tenu à dissiper toute ambiguïté : cette démarche ne constitue ni une ingérence dans les attributions des autres ministères, ni une remise en cause du rôle des cours et tribunaux.

« Il ne s’agit pas de se substituer à la justice ni aux procédures administratives prévues par la loi, mais d’un travail de médiation et d’orientation », a-t-il précisé.

Cette initiative s’appuie sur l’Ordonnance n°25/293 du 15 décembre, qui définit les attributions des ministères en République démocratique du Congo. À ce titre, le ministère des Droits humains se positionne comme un acteur de veille, de plaidoyer et de médiation en faveur des couches sociales vulnérables, notamment la classe ouvrière.

Samuel Mbemba revendique ainsi un rôle d’avocat moral et institutionnel des travailleurs congolais, dans un contexte marqué par des tensions sociales et une précarité économique persistante.

La cérémonie de lancement a enregistré la présence de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), représentée par sa vice-présidente, Joëlle Kona, un signal fort attestant de la crédibilité et de la légitimité de la démarche.

Les travailleurs reçus lors de cette première séance ont salué une initiative qu’ils qualifient de « soulagement », espérant que l’implication du ministère favorisera des issues équitables à leurs dossiers.

Cette action s’inscrit dans la continuité des prises de position du ministre. En décembre dernier, à l’approche des fêtes de fin d’année, Samuel Mbemba avait publiquement exhorté les employeurs à payer les salaires et avantages sociaux dans les délais légaux, afin de permettre aux travailleurs de célébrer Noël et le Nouvel An dans la dignité.

Dans une déclaration rendue publique le 24 novembre, il rappelait que l’article 7, alinéa h, du Code du travail garantit le droit à une rémunération, tandis que l’article 99 impose un paiement à des intervalles réguliers n’excédant pas un mois.

« Chaque travailleur mérite de célébrer les fêtes dans la dignité », avait-il martelé.

Mise en place d’un dispositif permanent d’écoute

Dans le prolongement de cette dynamique, le ministre a annoncé la création d’un mécanisme permanent d’écoute et de traitement des plaintes. À compter du 6 janvier 2026, il recevra chaque mardi les travailleurs victimes de violations de leurs droits, pour un suivi personnalisé des dossiers soumis au ministère.

Cette initiative marque une évolution notable dans l’action publique en matière de droits humains en RDC. Sans remettre en cause l’architecture institutionnelle existante, le ministère cherche à combler le fossé entre les travailleurs et les mécanismes classiques de recours, souvent jugés lents ou coûteux.

Dans un environnement économique tendu, cette médiation apparaît comme un outil de prévention des conflits sociaux, mais aussi comme un signal politique fort adressé aux employeurs, appelés à plus de responsabilité sociale.

En lançant ce cadre de médiation, Samuel Mbemba place la question des droits des travailleurs au cœur de l’agenda des droits humains. Si son efficacité dépendra de la collaboration des employeurs et des institutions concernées, cette démarche ouvre néanmoins une nouvelle voie de dialogue social, susceptible de renforcer la dignité du travailleur congolais et la crédibilité de l’État en matière de protection des droits fondamentaux.      Le Travailleur