La détérioration continue de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) suscite une inquiétude croissante au plus haut sommet du continent africain. À l’issue de la visite de travail du président congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à Luanda, ce jeudi 8 janvier 2026, le président de la République d’Angola, João Manuel Gonçalves Lourenço, également président en exercice de l’Union africaine (UA), a publié un communiqué officiel exprimant sa profonde préoccupation face à l’escalade persistante des violences armées.
Dans un contexte marqué par l’intensification des affrontements, les déplacements massifs de populations civiles et l’aggravation de la crise humanitaire, le chef de l’État angolais a alerté sur les conséquences régionales majeures de cette instabilité. Selon lui, la poursuite des hostilités compromet sérieusement les efforts diplomatiques engagés ces derniers mois et menace de vider de leur substance les initiatives de paix portées par les processus de Washington, aux États-Unis, et de Doha, au Qatar, considérés comme les seuls cadres crédibles de désescalade entre la RDC et le Rwanda.
Face à cette situation, João Lourenço a lancé un appel solennel à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, exhortant les gouvernements de la République démocratique du Congo et du Rwanda, ainsi que la coalition AFC/M23, à respecter et appliquer strictement les accords qu’ils ont signés dans le cadre des processus de Washington et de Doha. « Le Président João Lourenço demande aux gouvernements de la RDC, du Rwanda et au M23 de respecter et d’appliquer les accords signés entre eux, afin de donner la priorité à une résolution pacifique du conflit et à la sauvegarde des droits et intérêts de la population », souligne le communiqué publié par la Présidence angolaise.
Le président en exercice de l’Union africaine a insisté sur la nécessité d’une solution politique fondée sur le dialogue, le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC, ainsi que sur la protection des populations civiles, premières victimes d’un conflit qui perdure depuis trop longtemps. Il a également réaffirmé l’engagement de l’Union africaine à accompagner activement les initiatives africaines et internationales en cours, appelant la communauté internationale, les partenaires régionaux et les institutions multilatérales à se mobiliser autour des mécanismes existants pour restaurer durablement la paix et la stabilité dans l’Est congolais.
Cette prise de position s’inscrit dans le prolongement de la rencontre bilatérale tenue le 4 janvier dernier entre les deux Chefs d’État. Sur invitation de son homologue angolais, le président Félix Tshisekedi a effectué cette visite de travail à Luanda afin d’évaluer conjointement l’état d’avancement des initiatives diplomatiques et sécuritaires en cours. Les échanges ont porté sur les perspectives de sortie de crise, le respect des engagements pris par les différentes parties et les voies à privilégier pour mettre un terme définitif aux violences armées dans l’Est de la RDC.
À mesure que la crise sécuritaire s’enlise dans l’Est de la RDC, l’intervention du président João Lourenço marque une étape politique significative. En exigeant le respect strict des accords de Washington et de Doha, le président en exercice de l’Union africaine rappelle que la paix ne saurait être proclamée sans volonté réelle d’application des engagements pris. Son appel résonne comme un avertissement clair : l’avenir de la stabilité régionale dépend désormais de la capacité des acteurs concernés à transformer les promesses diplomatiques en actes concrets, au bénéfice des populations civiles et de la paix durable dans la région des Grands Lacs. Le Travailleur
