La Banque centrale du Congo (BCC) a procédé à une vente de 50 millions de dollars américains aux banques commerciales, au taux de 2.040 francs congolais pour un dollar, afin de répondre aux besoins de liquidités en devises du système bancaire, traditionnellement élevés après les festivités de fin d’année.
Selon le communiqué officiel, cette intervention, réalisée le 8 janvier 2026, s’inscrit dans le cadre des besoins cycliques de liquidité observés sur le marché des changes. L’institut d’émission annonce par ailleurs une nouvelle vente de devises prévue le 12 janvier 2026, dans un contexte de pressions accrues sur le marché parallèle, alimentées par des anticipations négatives et des comportements spéculatifs de certains opérateurs économiques.
La BCC appelle les agents économiques à maintenir la confiance et à privilégier les circuits bancaires formels pour leurs opérations en devises, affirmant ainsi sa volonté de stabiliser les anticipations et de réduire l’écart entre le marché officiel et le marché parallèle.
Sur le plan technique, cette opération relève des instruments traditionnels de régulation monétaire. En injectant des devises dans le système bancaire, la BCC cherche à atténuer les tensions sur le taux de change et à éviter une dépréciation brutale du franc congolais.
Toutefois, plusieurs analystes estiment que ces ventes de devises constituent une réponse essentiellement conjoncturelle. Si elles permettent de calmer temporairement le marché, elles ne traitent pas les déséquilibres structurels de l’économie congolaise, notamment la forte dépendance aux importations, la dollarisation persistante et la faible profondeur du marché financier local.
La répétition de ces interventions soulève également la question de la soutenabilité des réserves internationales. Dans un contexte où la stabilité du franc congolais repose en partie sur la capacité de la BCC à intervenir, certains économistes s’inquiètent d’un recours excessif à cet instrument, au détriment d’une gestion prudente des réserves.
Par ailleurs, l’impact de ces ventes sur le marché parallèle, qui demeure le principal baromètre des anticipations des ménages et des petits opérateurs, reste limité. L’écart persistant entre les deux segments continue d’alimenter la spéculation et de fragiliser la transmission de la politique monétaire.
La communication de la BCC marque un effort appréciable de prévisibilité et de transparence, élément clé pour ancrer les anticipations. Cependant, pour les marchés, la stabilité durable du taux de change dépendra moins de la fréquence des interventions que de la cohérence globale du policy mix : discipline budgétaire, coordination avec la politique fiscale et renforcement de la base productive nationale.
En injectant 50 millions USD sur le marché, la Banque centrale du Congo agit en gestionnaire de court terme des tensions de change. Si cette stratégie permet de contenir les déséquilibres immédiats, elle ne saurait se substituer aux réformes structurelles nécessaires à la résilience du franc congolais. À défaut d’un ajustement plus profond de l’économie, les interventions de la BCC risquent de devenir récurrentes, transformant un outil de stabilisation en mécanisme de dépendance du marché. Le Travailleur
