Le ministère du Portefeuille est monté au créneau pour répondre aux accusations relayées par le média Africa Intelligence concernant un différend opposant la République démocratique du Congo à la société PayServices. Dans un communiqué publié le 13 janvier 2026, le gouvernement congolais rejette en bloc toute responsabilité et affirme avoir déjoué une tentative d’obtention frauduleuse de fonds publics fondée sur une fausse qualité bancaire.
Une mise au point officielle face à des accusations médiatiques
Dans son communiqué de presse n°001, le ministère du Portefeuille indique avoir pris acte d’un article d’Africa Intelligence présentant PayServices comme une « banque américaine » et accusant les autorités congolaises de comportements fautifs. Le gouvernement déplore une publication réalisée, selon lui, sans respect du principe du contradictoire, alors même que des éléments de réponse détaillés avaient été transmis à la rédaction avant publication.
Pour les autorités congolaises, cette présentation constitue une déformation grave de la réalité juridique du dossier et occulte des faits essentiels.
PayServices privée de statut bancaire aux États-Unis
Au cœur du différend se trouve la qualité juridique de PayServices. Le gouvernement congolais affirme que cette société n’a jamais eu, en droit américain, la qualité d’établissement bancaire.
Le communiqué rappelle qu’en date du 18 octobre 2024, le Département des Finances de l’État de l’Idaho a pris un ordre formel de cessation et d’abstention (Cease and Desist Act) à l’encontre de PayServices, lui retirant l’approbation préliminaire conditionnelle accordée le 12 septembre 2022 et lui interdisant l’usage du terme « bank ».
Malgré cette décision, PayServices aurait continué à se présenter auprès des autorités congolaises comme une banque dûment régulée, entretenant une apparence de solvabilité et de capacité financière jugée trompeuse.
Une manœuvre dolosive dénoncée par l’État
Selon le ministère du Portefeuille, cette fausse qualité bancaire constituait un élément déterminant du consentement de l’État congolais dans les discussions engagées avec la société. En droit, cette situation caractériserait une manœuvre dolosive, c’est-à-dire une dissimulation volontaire d’un élément essentiel dans le but d’obtenir indûment l’accès aux ressources souveraines de l’État.
Dès 2023, les services compétents du ministère des Finances auraient procédé à des vérifications approfondies de conformité, conformément aux exigences de la législation financière et aux principes de bonne gouvernance des deniers publics.
Ces contrôles ont établi que PayServices n’était ni autorisée ni habilitée à recevoir ou gérer des fonds publics, faute de statut bancaire valide.
Suspension du dossier et protection du Trésor public
Les analyses juridiques et financières, notamment portées par les services internes du ministère des Finances, ont conduit les autorités compétentes à mettre un terme à toute suite administrative donnée au dossier, en application de l’article 108 de la loi relative aux finances publiques.
Le gouvernement précise qu’aucun décaissement n’a jamais été effectué, aucune autorisation budgétaire n’ayant été accordée. En conséquence, aucun préjudice financier ne peut être invoqué par PayServices.
Les autorités soulignent également l’absence totale d’éléments crédibles permettant de valoriser la société : pas d’états financiers certifiés, pas d’audit indépendant, ni de base économique vérifiable.
Des montants et contrats contestés
Le communiqué réfute catégoriquement les allégations faisant état de prétendus investissements de 72 millions de dollars américains, qualifiés de « construction artificielle » sans fondement juridique, budgétaire ou comptable.
De même, l’existence d’un contrat entre la société PCES Akiba et la CADECO est formellement démentie par les autorités congolaises.
Accusations de corruption et riposte de l’État
Concernant les accusations de corruption relayées dans certains médias, le gouvernement estime qu’elles sont apparues uniquement après l’échec de la tentative d’obtention de fonds et relèvent d’une stratégie de représailles et de pression politique, judiciaire et médiatique.
Pour Kinshasa, l’objectif serait de contraindre un État souverain à effectuer un paiement que le droit lui interdit formellement.
Le gouvernement dénonce par ailleurs une instrumentalisation de juridictions étrangères et de relais médiatiques, assimilée à une tentative de déstabilisation et d’intimidation.
dossier présenté comme une défense de la souveraineté financière
Pour les autorités congolaises, mettre fin à une relation fondée sur une fausse qualité bancaire ne saurait être qualifié de rupture abusive, mais constitue au contraire un acte de bonne administration, conforme aux standards internationaux de régulation et de vigilance financière.
Le gouvernement affirme qu’il coopérera avec toute juridiction légalement compétente, tout en excluant toute concession face à la fraude, à l’intimidation ou à la désinformation. Il réaffirme sa détermination à défendre la souveraineté financière de la République démocratique du Congo, l’intégrité de ses institutions et le respect strict des règles encadrant la gestion des fonds publics. Le Travailleur
