Une scène pour le moins étonnante s'est produite jeudi matin à Kingasani, dans la commune de Kimbanseke. Des chauffeurs de la société publique Transports au Congo (TRANSCO) ont été interpellés lors d'un contrôle routier, révélant que certains d'entre eux ne disposaient pas de permis de conduire. L'incident a rapidement dégénéré en altercation avec les contrôleurs, révélant un malaise social profond au sein de l'entreprise. Un contrôle routier qui vire à la tension La matinée de ce jeudi a été particulièrement agitée à Kingasani, dans la commune de Kimbanseke, à l'est de Kinshasa. Lors d'un contrôle de routine, un bus de Transports au Congo (TRANSCO) a été immobilisé par des contrôleurs. Le conducteur interpellé ne disposait pas de permis de conduire, document pourtant indispensable pour conduire un véhicule de transport en commun. Dans la foulée, un autre chauffeur de la société publique a également été arrêté pour circulation avec un bus jugé en mauvais état technique. Mais l'incident a rapidement pris une tournure inattendue. Des agents de Transco, présents sur les lieux, se sont violemment opposés aux contrôleurs, allant jusqu'à les passer à tabac selon plusieurs témoins. " Nous attendons les permis promis par l'employeur " Interrogés après l'incident, plusieurs chauffeurs ont évoqué un problème administratif qui, selon eux, serait connu de la direction. " Nous attendons l'employeur qui nous a promis des permis de conduire ", explique l'un des conducteurs. Un autre chauffeur ajoute que la responsabilité incombe à l'État lui-même : " L'employeur dit qu'il est l'État et que les bus appartiennent aussi à l'État. " À ces difficultés administratives s'ajoute une question salariale. Certains conducteurs affirment ne pas percevoir régulièrement leur rémunération, ce qui les empêcherait de financer eux mêmes l'obtention du permis. " Je ne suis pas payé. Je ne peux pas encore sortir mon argent pour acheter un permis de conduire ", déplore l'un d'eux. Un malaise social récurrent Entreprise publique créée pour moderniser le transport urbain dans la capitale congolaise, Transports au Congo (TRANSCO) constitue aujourd'hui l'un des principaux moyens de transport collectif structurés dans Kinshasa. La société exploite plusieurs dizaines de lignes reliant les différentes communes de la ville, permettant chaque jour à des milliers d'habitants de se déplacer à moindre coût. Mais depuis plusieurs années, l'entreprise fait régulièrement face à des tensions internes : retards de salaires, difficultés d'entretien du charroi automobile, ou encore revendications syndicales. L'incident de Kingasani vient ainsi relancer le débat sur les conditions de travail et la gestion administrative des chauffeurs. La menace d'un arrêt de travail Face à la situation, la colère monte dans les rangs des conducteurs. Certains d'entre eux menacent désormais de prendre des mesures radicales. " Nous pouvons conduire tous les bus à la fourrière ", prévient un chauffeur, en signe de protestation. Plusieurs sources internes évoquent également la possibilité d'une grève dès la semaine prochaine si aucune solution n'est trouvée rapidement. Une telle paralysie serait particulièrement lourde de conséquences pour les habitants de Kinshasa, où les bus de Transports au Congo (TRANSCO) représentent l'un des rares services publics de transport accessibles à une large partie de la population. Le Travailleur
