Nouvelle zone de turbulence au sein de la majorité présidentielle en République démocratique du Congo. Le collège des fondateurs de l’Alliance des Forces démocratiques du Congo (AFDC) a officiellement retiré sa confiance à son autorité morale, le sénateur Modeste Bahati Lukwebo, lors d’une réunion tenue ce mercredi à Kinshasa.
Dans une déclaration au ton inhabituellement ferme, les signataires ont exprimé leur « plus vive désapprobation » à l’égard des récentes prises de position du leader politique, jugées en rupture avec la ligne de la coalition au pouvoir.
Une fracture politique autour de la révision constitutionnelle
Au cœur de la crise : les déclarations controversées de Modeste Bahati Lukwebo sur la question sensible de la révision constitutionnelle. Le sénateur avait notamment dénoncé une classe politique congolaise « irresponsable et immature », une sortie qui a suscité un tollé au sein de ses propres rangs.
Pour les fondateurs de l’AFDC, ces propos constituent un manquement grave à la discipline politique, mais aussi une prise de distance vis-à-vis de l’Union Sacrée de la Nation, à laquelle la plateforme est affiliée.
Cette divergence met en lumière les lignes de fracture qui traversent actuellement la majorité, alors que les débats institutionnels prennent une tournure de plus en plus sensible à l’approche de futures échéances politiques.
Otto Bahizi désigné pour piloter la transition
Pour éviter une paralysie de la structure, les fondateurs ont confié la gestion intérimaire de l’AFDC à Otto Bahizi, cofondateur du mouvement et notable de la chefferie de Busanza, dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu).
Chargé d’assurer la continuité de l’organisation, il devra conduire la transition jusqu’à la tenue d’un congrès annoncé comme décisif pour la redéfinition de la ligne politique et du leadership du regroupement.
Une séquence révélatrice des tensions internes
Cet épisode illustre, une fois de plus, la fragilité des équilibres au sein des plateformes politiques congolaises, souvent tiraillées entre loyautés partisanes, ambitions individuelles et contraintes de coalition.
Au-delà du cas Bahati Lukwebo, la crise de l’AFDC pose la question plus large de la cohésion de la majorité présidentielle dans un contexte marqué par des débats institutionnels sensibles.
Une recomposition en cours
La mise à l’écart d’une figure majeure comme Modeste Bahati Lukwebo pourrait ouvrir une phase de recomposition interne, voire de reconfiguration des alliances politiques.
Reste à savoir si cette transition, pilotée par Otto Bahizi, permettra d’apaiser les tensions ou si elle marquera le début d’une crise plus profonde au sein de l’AFDC — et, par ricochet, de l’ensemble de la majorité au pouvoir.
Dans un paysage politique congolais en constante mutation, cet épisode rappelle que les lignes de fracture internes peuvent, à tout moment, rebattre les cartes du jeu institutionnel. Le Travailleur
