À l’approche du deuxième recensement général de la population et de l’habitat, la République démocratique du Congo se prépare à relever un défi logistique et technique d’envergure. Au cœur de ce dispositif, l’Institut supérieur des statistiques de Kinshasa (ISS/Kinshasa) se positionne comme un acteur clé dans la formation des ressources humaines nécessaires à cette opération.
Intervenant mercredi auprès de l’Agence congolaise de presse (ACP), la directrice générale de l’établissement, la professeure Dédé Aliango, a affirmé la disponibilité de son institution à accompagner le gouvernement dans la constitution d’une main-d’œuvre qualifiée. Objectif : former des statisticiens et agents de terrain capables de collecter, traiter et analyser des données fiables à l’échelle nationale.domaine des statistiquescapacis ressouhumaines », a-t-elle déclaré.
Un chantier stratégique pour la RDC
Le deuxième recensement général de la population et de l’habitat constitue une étape cruciale pour la RDC, dont le dernier exercice remonte à 1984. Depuis, l’absence de données démographiques actualisées a souvent été pointée comme un frein à la planification des politiques publiques, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’emploi et de l’aménagement du territoire.
Avec une population estimée aujourd’hui à plus de 100 millions d’habitants, le pays fait face à un besoin urgent de statistiques fiables pour orienter ses décisions économiques et sociales. Le recensement apparaît ainsi comme un outil indispensable pour renforcer la gouvernance et améliorer l’efficacité de l’action publique.
Une opportunité pour l’emploi des jeunes
Au-delà de son importance institutionnelle, ce projet ouvre également des perspectives significatives en matière d’emploi. La mobilisation annoncée de 200 000 agents représente une opportunité rare pour des milliers de jeunes Congolais, notamment diplômés ou en quête d’insertion professionnelle.
L’ISS/Kinshasa entend capitaliser sur cette dynamique en proposant des formations adaptées aux exigences du recensement : techniques d’enquête, maîtrise des outils numériques de collecte de données, traitement statistique et analyse.
Cette initiative pourrait contribuer à structurer durablement le secteur statistique en RDC, souvent confronté à un déficit de compétences spécialisées.
Vers une professionnalisation du secteur statistique
L’engagement de l’ISS/Kinshasa s’inscrit dans une vision plus large de professionnalisation des métiers liés à la statistique. Dans un contexte marqué par la digitalisation croissante des données, la formation d’experts nationaux devient un levier stratégique pour réduire la dépendance aux compétences extérieures.
Si les autorités concrétisent ce projet dans les délais annoncés, le recensement pourrait ainsi marquer un tournant, non seulement en matière de production de données, mais aussi dans la valorisation du capital humain congolais.
En se positionnant comme un centre de formation au service du recensement, l’ISS/Kinshasa envoie un signal fort : celui d’un pays qui tente de se doter des outils nécessaires à sa propre planification. Reste désormais à traduire cette ambition en actions concrètes, dans un calendrier souvent mis à l’épreuve par les contraintes logistiques et financières. Car au-delà des chiffres, c’est bien la capacité de l’État à se connaître lui-même qui est en jeu. Le Travailleur
