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RDC : Polémique Autour Des Infrastructures à L’Équateur, Un Député Conteste Le Bilan De Bobo Boloko.

Un débat public ravivé à la Conférence des gouverneurs


En République démocratique du Congo, la communication politique autour des réalisations publiques suscite une vive controverse dans la province de l’Équateur. À la suite d’un discours prononcé lors de la Conférence des gouverneurs, le gouverneur de l’Équateur a affirmé avoir engagé des travaux d’infrastructures, notamment la construction de ponts et l’installation d’éclairage public dans plusieurs territoires.


Des déclarations aussitôt contestées par Jean-Marie Mangobe, élu du territoire de Bomongo, qui dénonce des « allégations inexactes » et revendique la paternité de ces réalisations dans sa circonscription.


Bomongo au cœur de la controverse


Dans une déclaration ferme, le député affirme qu’aucune infrastructure citée par l’exécutif provincial n’a été réalisée par ce dernier dans le territoire de Bomongo. Selon lui, les ponts en construction ou déjà achevés sur l’axe Bomongo-Buburu, ainsi qu’à Boyoka, relèveraient exclusivement de ses « moyens personnels ».


« Je demande au gouverneur de préciser ses allégations en indiquant les localités concernées », insiste-t-il, mettant au défi l’autorité provinciale d’apporter des preuves concrètes.


Au-delà d’une querelle d’attribution, cette sortie met en lumière une problématique récurrente en RDC : la traçabilité des investissements publics et la communication autour des projets d’infrastructures en milieu rural.


Une remise en cause plus large du bilan provincial


La polémique dépasse le seul territoire de Bomongo. Dans une réaction plus globale au discours du gouverneur, plusieurs observateurs et acteurs politiques remettent en question la véracité de certaines réalisations présentées comme provinciales.


Ils pointent notamment :



  • l’absence de preuves concernant l’acquisition de moyens de transport sur fonds propres de la province ;




  • le manque d’avenues asphaltées financées par le budget provincial ;




  • l’inexistence d’infrastructures universitaires construites exclusivement par l’exécutif provincial.


Ces critiques rappellent que plusieurs infrastructures évoquées existaient avant l’actuelle administration, citant notamment des axes routiers comme Bonsomi ou Yasanyama, ainsi que certains ponts en béton sur la route de Bikoro.


En toile de fond, la question de la gouvernance


Cette controverse intervient dans un contexte où les autorités nationales, sous l’impulsion du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, appellent à une meilleure gouvernance des provinces et à une transparence accrue dans la gestion des ressources publiques.


La Conférence des gouverneurs, cadre institutionnel de coordination entre Kinshasa et les exécutifs provinciaux, est précisément censée évaluer les politiques publiques et harmoniser les priorités de développement.


Entre rivalités politiques et exigence de transparence


Au-delà de la rivalité apparente entre un élu national et l’exécutif provincial, cet épisode illustre les tensions persistantes entre différents niveaux de pouvoir en RDC. Il met également en évidence les enjeux de crédibilité politique dans un pays où les attentes en matière d’infrastructures de base restent considérables.


Reconnaître les réalisations passées et clarifier l’origine des financements publics apparaissent désormais comme des impératifs pour restaurer la confiance entre gouvernants et citoyens.


Une polémique révélatrice


En filigrane, cette passe d’armes souligne une question centrale : qui construit réellement en RDC, et avec quels moyens ? Entre initiatives individuelles, interventions du pouvoir central et actions provinciales, la lisibilité de l’action publique demeure un défi majeur.


Dans l’Équateur comme ailleurs, la bataille du bilan est aussi une bataille de légitimité politique.     Le Travailleur