Invité le mardi 28 avril au traditionnel briefing de presse organisé par le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso, a tenu à clarifier sa vision et répondre aux critiques sur la gestion monétaire du pays.
Une ouverture revendiquée au monde scientifique
Face aux accusations d’isolement technocratique, André Wameso a fermement rejeté toute rupture avec la communauté scientifique congolaise. Il a rappelé que l’élaboration du plan stratégique de la BCC a impliqué plusieurs universitaires, notamment lors de consultations organisées à Kisangani. Une démarche qu’il présente comme la preuve d’une gouvernance monétaire fondée sur l’inclusivité intellectuelle et le débat d’idées.
Le gouverneur insiste également sur sa disponibilité à entendre les voix critiques, y compris celles opposées à la politique monétaire actuelle. Une posture qu’il revendique comme essentielle dans un environnement économique sous pression.
Réserves de change : une réponse aux critiques
Au cœur des polémiques récentes figure la question de la gestion des réserves de change. Sur ce point, André Wameso oppose des chiffres précis : à son arrivée, les réserves officielles s’élevaient à 7,5 milliards de dollars, contre 7,9 milliards aujourd’hui, soit une progression nette en huit mois.
Cette évolution vise à démontrer, selon lui, non seulement l’absence de dilapidation, mais aussi la consolidation des fondamentaux macroéconomiques du pays.
Une communication politique assumée
De son côté, Patrick Muyaya a relayé, via ses canaux officiels, un message résolument optimiste. Il met en avant l’émission du premier eurobond congolais comme un signal fort de crédibilité sur les marchés internationaux.
Selon lui, plusieurs indicateurs confirment cette dynamique : - renforcement du franc congolais,
- amélioration progressive du pouvoir d’achat,
- résilience économique face aux chocs extérieurs, notamment les répercussions de la guerre en Iran.
Le briefing a également permis d’aborder des questions techniques telles que la fluctuation du taux de change, la baisse du taux directeur ou encore les perspectives économiques à moyen terme.
Une politique monétaire sous contrainte, mais stable
Dans un contexte international marqué par des incertitudes géopolitiques, la Banque centrale du Congo tente de maintenir un cap de stabilité. La stratégie actuelle repose sur un triptyque classique : maîtrise de l’inflation, stabilisation du taux de change et renforcement des réserves.
Toutefois, ces résultats restent à consolider dans la durée, notamment face aux vulnérabilités structurelles de l’économie congolaise, fortement dépendante des matières premières et exposée aux chocs exogènes.
En affichant des indicateurs en amélioration et une volonté d’ouverture au débat, la Banque centrale du Congo cherche à crédibiliser sa politique monétaire dans un climat de défiance partielle. Reste à savoir si cette trajectoire pourra se traduire durablement dans le quotidien des Congolais, au-delà des signaux macroéconomiques.
Le Travailleur
