Dans la foulée, il s’est rendu au Sénat pour défendre la prorogation de l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu, dans un contexte sécuritaire toujours préoccupant.
Une redevabilité démocratique assumée
Devant les élus, Guillaume Ngefa a inscrit son intervention dans une logique de transparence et de responsabilité, rappelant les principes de séparation des pouvoirs consacrés par la Constitution. Cet exercice de reddition des comptes intervient alors que la crédibilité des institutions judiciaires demeure au cœur des attentes citoyennes.
Au Sénat, la question de la prorogation de l’état de siège — en vigueur depuis 2021 dans l’Est du pays — a relancé le débat sur l’équilibre entre impératifs sécuritaires et respect des libertés publiques.
Des prisons en crise structurelle
Le diagnostic présenté est préoccupant : les établissements pénitentiaires congolais restent marqués par une surpopulation chronique, des infrastructures insuffisantes et des conditions humanitaires difficiles.
Le ministre a rappelé avec fermeté que la privation de liberté ne doit jamais équivaloir à une privation de dignité, insistant sur la nécessité d’humaniser les conditions de détention.
Réformes et mesures en cours
S’appuyant sur la loi du 15 juin 2023, le Gouvernement a engagé plusieurs réformes pour moderniser le système pénitentiaire. Cinq projets de décrets sont actuellement en examen, notamment sur :
- la réinsertion sociale des détenus,
- la prise en charge des mineurs,
- le suivi des peines,
- la sécurité pénitentiaire.
Parmi les actions concrètes annoncées :
- la construction de nouvelles prisons à Mbandaka et Boende,
- l’organisation d’audiences foraines pour désengorger les prisons,
- l’octroi de 473 libérations conditionnelles.
Le défi du « désert judiciaire »
Les députés ont également alerté sur le manque de magistrats dans les zones reculées, créant un véritable « désert judiciaire » et limitant l’accès à la justice pour de nombreuses communautés.
En réponse, Guillaume Ngefa a réaffirmé la volonté du Gouvernement de renforcer la justice de proximité, d’améliorer la couverture judiciaire du territoire et de lutter contre l’inaccessibilité du service public de la justice.
Une équation complexe entre sécurité et droits humains
Cette double séquence parlementaire illustre les défis structurels auxquels la RDC est confrontée : gérer une crise sécuritaire persistante dans l’Est tout en réformant en profondeur un système judiciaire fragilisé.
Entre la prorogation de l’état de siège et les réformes engagées, l’enjeu demeure central : garantir une justice accessible, équitable et respectueuse de la dignité humaine, condition essentielle pour restaurer la confiance entre l’État et les citoyens.
Belo
