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RDC : Alain Makaba Plaide Pour Une Musique Qui élève Les Consciences.

Le guitariste congolais Alain Makaba a lancé un vibrant appel en faveur d’un retour à une musique porteuse de valeurs et d’élévation spirituelle en République démocratique du Congo. Lors de son passage dimanche sur une station de radio locale, l’artiste a dénoncé ce qu’il considère comme une « perversion » progressive de l’art musical congolais.


« Ce que je vois aujourd’hui, ce que les gens font de la musique, ça me fait mal. La musique, c’est un art très divin, c’est l’art divin par excellence. Et maintenant, il y a trop de perversions », a déclaré le musicien, visiblement préoccupé par l’évolution du paysage artistique national.


Selon lui, la musique ne devrait pas être réduite à un simple divertissement ou à un outil de recherche de popularité et d’argent, mais demeurer un moyen d’éveil collectif et de transmission des valeurs sociales et morales.


« Si on y réfléchit bien, les artistes en général sont la bouche autorisée de Dieu. Mais on a perverti l’art et on commence à croire que ce sont les autres qui sont les autorisés de Dieu », a-t-il ajouté.


Une musique congolaise autrefois engagée


L’intervention d’Alain Makaba relance le débat sur le rôle historique de la musique congolaise dans la société. Depuis les années 1950 et 1960, la musique en RDC a souvent accompagné les grandes mutations politiques et sociales du pays. Des figures emblématiques comme Franco Luambo, Tabu Ley Rochereau, Papa Wemba ou encore Koffi Olomidé ont marqué plusieurs générations à travers des œuvres mêlant divertissement, critique sociale, conseils de vie et messages de cohésion nationale.


À l’époque, les chansons servaient souvent de miroir à la société congolaise. Les artistes dénonçaient les injustices, sensibilisaient sur les réalités quotidiennes ou transmettaient des enseignements culturels à travers des textes riches et poétiques. Plusieurs titres sont restés gravés dans la mémoire collective pour leur portée éducative et morale.


Cependant, avec l’évolution des tendances musicales, l’influence des réseaux sociaux et la forte concurrence commerciale dans l’industrie culturelle, certains observateurs estiment que les contenus artistiques ont progressivement perdu leur dimension pédagogique. Les critiques portent notamment sur la vulgarité de certains textes, l’hypersexualisation des clips et la banalisation de comportements jugés contraires aux valeurs africaines.


Un débat qui divise les artistes


Les propos d’Alain Makaba interviennent dans un contexte où plusieurs voix s’élèvent régulièrement pour réclamer une revalorisation culturelle de la musique congolaise. Certains artistes et analystes culturels considèrent que la nouvelle génération doit préserver l’héritage artistique légué par les pionniers de la rumba congolaise, récemment reconnue patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO.


D’autres, en revanche, défendent l’idée que la musique évolue avec son époque et qu’elle reflète simplement les réalités actuelles de la société et des aspirations de la jeunesse.


Une interpellation sur l’avenir culturel du pays


À travers cette sortie médiatique, Alain Makaba remet au centre des discussions la responsabilité sociale des artistes dans une société confrontée à de nombreux défis moraux, éducatifs et identitaires. Son plaidoyer apparaît comme un appel à replacer la musique au service de l’éveil des consciences, de l’éducation populaire et de la préservation des valeurs culturelles congolaises.


Dans un pays où la musique demeure l’un des principaux vecteurs d’influence sociale, le débat soulevé par le guitariste pourrait raviver la réflexion sur la place de l’art dans la construction de la société congolaise de demain.


Le Travailleur