https://letravailleur.net/backend/upload/profil/profil6a15ad5e6433e_1779805534.jpeg

Contrôle Systémique : L’IGF Engage Une Nouvelle ère De Surveillance Des Finances Publiques En RDC.

L’Inspection Générale des Finances (IGF) amorce un tournant stratégique dans la gestion des finances publiques en République démocratique du Congo. À travers le lancement officiel de la vulgarisation du contrôle systémique, l’institution entend moderniser les mécanismes de surveillance financière, renforcer la transparence et prévenir plus efficacement les détournements des deniers publics.


Lors d’une conférence de presse animée le mercredi 20 mai 2026, le Chef de service de l’IGF, Christophe Bitasimwa, a présenté cette réforme comme une étape majeure dans la transformation du contrôle public congolais.


Face aux médias, il a détaillé la vision de l’IGF fondée sur la digitalisation des mécanismes de contrôle, l’interconnexion des flux financiers et l’exploitation des données en temps réel afin d’anticiper les irrégularités avant même leur matérialisation.


Une réforme axée sur la prévention


Selon le responsable de l’IGF, le contrôle systémique vise à dépasser le modèle classique de vérification a posteriori pour privilégier un contrôle permanent et préventif.


« Lorsqu’il y a toutes les informations, nous pouvons contrôler au premier degré avant même l’intervention de l’IGF dans le cadre de la contre-vérification », a expliqué Christophe Bitasimwa.


Cette approche permettra à l’IGF de suivre les opérations financières en continu grâce à une connexion progressive aux différents circuits financiers de l’État. Pour l’institution, la maîtrise des flux financiers constitue désormais une condition essentielle pour garantir l’efficacité du contrôle public.


« L’IGF ne peut pas contrôler efficacement les finances publiques si elle ne maîtrise pas les flux financiers », a insisté le Chef de service.


La digitalisation au cœur du dispositif


Le projet de contrôle systémique repose principalement sur la modernisation numérique des services publics et sur l’intégration des outils technologiques dans la surveillance des finances de l’État.


Pour Christophe Bitasimwa, la digitalisation représente aujourd’hui un levier incontournable pour améliorer la transparence administrative, limiter les fraudes et renforcer la traçabilité des dépenses publiques.


Interrogé sur les risques liés aux cyberattaques, le patron de l’IGF s’est voulu rassurant. Il a affirmé que les systèmes informatiques qui accompagneront cette réforme seront protégés selon les standards modernes de cybersécurité afin de garantir la sécurité des données financières de l’État.


Il a également indiqué que l’IGF poursuivra son adaptation continue aux évolutions technologiques afin d’assurer l’efficacité du dispositif sur le long terme.


Un contrôle renforcé dans plusieurs secteurs


Au cours de cette rencontre, Christophe Bitasimwa a confirmé que les opérations de contrôle se poursuivent normalement dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment celui des infrastructures à Kinshasa, où les équipes de l’IGF assurent un suivi permanent de l’exécution des projets financés par les fonds publics.


Le Chef de service a tenu à préciser que le contrôle systémique ne remplace pas la patrouille financière traditionnelle, mais constitue plutôt une amélioration de celle-ci.


« Le contrôle continue », a-t-il martelé, qualifiant cette réforme de « version améliorée de la patrouille financière ».


Une réforme inscrite dans le plan triennal 2026-2028


L’IGF a indiqué que cette réforme s’inscrit dans son plan stratégique triennal 2026-2028. Sa mise en œuvre se fera progressivement parallèlement au processus global de digitalisation des services publics congolais.


Cette modernisation intervient dans un contexte où les autorités congolaises multiplient les initiatives pour renforcer la gouvernance financière et restaurer la confiance dans la gestion des ressources publiques.


Vers un renforcement de la justice économique


Abordant la question de la création du Tribunal pénal économique et financier ainsi que du parquet spécialisé y rattaché, Christophe Bitasimwa a salué une initiative qu’il considère comme une avancée significative dans la lutte contre les crimes économiques et financiers en RDC.


Pour plusieurs observateurs, l’articulation entre le contrôle systémique, la digitalisation des finances publiques et le renforcement des mécanismes judiciaires pourrait constituer un nouveau socle dans la lutte contre la corruption et les détournements des fonds publics en République démocratique du Congo.


Le Travailleur