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SCPT : Les Travailleurs Brandissent La Menace D’une Grève Générale Dès Le 22 Juin.

La tension sociale remonte d’un cran à la Société Congolaise des Postes et Télécommunications (SCPT). Dans un préavis de grève adressé à la Direction générale et transmis aux plus hautes autorités du pays, l’Intersyndicale nationale de la SCPT annonce l’arrêt des activités à partir du 22 juin 2026 si aucune solution n’est trouvée aux revendications des travailleurs.


Cette décision intervient dans un contexte marqué par des années de difficultés financières, de restructurations inachevées et de contestations récurrentes au sein de cette entreprise publique autrefois considérée comme un pilier stratégique des télécommunications et des services postaux en République démocratique du Congo.


Des engagements sociaux jugés non respectés


Au cœur des griefs des syndicalistes figure la violation présumée du protocole d’accord signé le 13 février 2026 sous l’égide du ministre des Postes, Télécommunications et Numérique ainsi que de l’Inspection du travail.


Selon l’Intersyndicale, cet accord prévoyait notamment le paiement régulier et intégral des salaires des agents, cadres et retraités dans un délai de 45 jours. Plus de quatre mois après sa signature, les représentants des travailleurs estiment que les engagements pris n’ont pas été respectés.


Le document évoque également plusieurs autres revendications, notamment :



  • la prise en charge intégrale des frais médicaux des agents transférés de l’hôpital AKRAM vers d’autres structures sanitaires ;

  • la suppression des retenues jugées indues sur les indemnités de logement ;

  • le paiement des arriérés de salaires antérieurs ;

  • le réajustement des frais de transport conformément aux dispositions prises par les autorités de la ville de Kinshasa.


Pour les syndicats, ces questions touchent directement au pouvoir d’achat et aux conditions de vie des travailleurs, déjà fragilisés par la conjoncture économique.


Une crise sociale qui s’inscrit dans la durée


La menace de grève ne constitue pas un fait isolé. Depuis plusieurs années, la SCPT traverse une période de turbulences marquée par une baisse de ses performances économiques, la concurrence accrue des opérateurs privés et les difficultés liées à la modernisation de ses infrastructures.


Les organisations syndicales ont à plusieurs reprises dénoncé les retards de paiement des salaires, les problèmes de couverture médicale et l’absence de solutions durables pour assurer la relance de l’entreprise.


Cette nouvelle crise sociale révèle également les limites des différents accords conclus entre la direction et les représentants des travailleurs. Chaque engagement non exécuté contribue à renforcer le climat de méfiance entre les deux parties.


Une assemblée générale convoquée avant l’échéance


Dans ce contexte, la Délégation syndicale nationale a convoqué une assemblée générale des travailleurs pour le vendredi 19 juin 2026 à l’Hôtel des Postes.


Cette réunion devrait permettre d’informer les agents sur l’évolution des négociations et de fixer la conduite à tenir avant l’entrée éventuelle en grève.


Pour de nombreux observateurs, les prochaines heures seront déterminantes. Une intervention rapide du gouvernement, du Conseil d’administration ou de la Direction générale pourrait encore éviter une paralysie des activités de la SCPT.


Des enjeux qui dépassent la seule SCPT


Au-delà des revendications salariales, cette crise pose une nouvelle fois la question de la gouvernance des entreprises publiques congolaises. La capacité de l’État à garantir l’exécution des accords sociaux et à accompagner la relance des entreprises stratégiques demeure un enjeu majeur pour la stabilité du climat social.


Une grève à la SCPT pourrait avoir des répercussions sur plusieurs services administratifs et sur certaines activités postales encore assurées par l’entreprise à travers le pays.


À quatre jours de l’échéance fixée par les syndicats, la SCPT se trouve à la croisée des chemins. Entre dialogue social et bras de fer annoncé, les autorités sont appelées à agir rapidement pour éviter une nouvelle crise au sein d’une entreprise emblématique du portefeuille de l’État. Faute d’un compromis, le 22 juin pourrait marquer l’ouverture d’un nouveau front social dans le secteur public congolais.


 Belo