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La CENCO Tire La Sonnette D’alarme : « La Nation Est En Péril » Et Appelle Au Respect De La Constitution.

La CENCO sonne l’alarme sur l’avenir de la RDC


La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a publié, le 19 juin 2026 à Kinshasa, un message fort intitulé « La Nation est en péril ! Dressons nos fronts, prenons le plus bel élan ». Réunis en assemblée plénière extraordinaire du 18 au 20 juin, les évêques catholiques ont exprimé leurs profondes inquiétudes face à la détérioration de la situation sécuritaire, sociale et politique en République démocratique du Congo.  


Dans leur déclaration, les prélats dressent un tableau préoccupant du pays. Ils évoquent notamment la persistance de la guerre dans l’Est, l’occupation de certaines zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu par l’AFC/M23, les massacres perpétrés par divers groupes armés, ainsi que les conséquences humanitaires de ces conflits marqués par des déplacements massifs de populations. Ils attirent également l’attention sur la menace persistante de l’épidémie d’Ebola dans certaines régions du pays.  


Si la CENCO reconnaît les efforts du gouvernement dans la réalisation de certaines infrastructures et programmes sociaux, elle estime que la majorité de la population continue de vivre dans la pauvreté et que plusieurs projets de développement rencontrent d’importantes difficultés d’exécution.  


Une mise en garde contre toute révision constitutionnelle


Le point central du message concerne toutefois la question du changement de la Constitution. Les évêques dénoncent une campagne qu’ils jugent préoccupante en faveur d’une modification de la Loi fondamentale de 2006. Selon eux, certaines initiatives viseraient à ouvrir la voie à un nouveau cycle de mandats présidentiels, ce qui constituerait une remise en cause du pacte républicain établi après plusieurs décennies de crises politiques.  


La CENCO estime que les dispositions protégées par l’article 220 de la Constitution représentent un rempart essentiel contre toute dérive autoritaire. Elle prévient qu’un passage en force pourrait entraîner des conséquences graves pour la cohésion nationale, allant jusqu’à la balkanisation du pays ou au déclenchement de nouveaux conflits internes dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions identitaires et politiques.  


Un message qui s’inscrit dans la continuité de l’engagement de l’Église


Ce message s’inscrit dans la tradition d’intervention de la CENCO sur les grandes questions nationales. Depuis les débats autour du processus électoral de 2016-2018, l’Église catholique congolaise s’est régulièrement positionnée comme un acteur de médiation et de défense de l’ordre constitutionnel.


La nouveauté de cette déclaration réside dans la fermeté du ton employé. En associant l’insécurité persistante, la crise sociale, la montée des violences politiques et les débats constitutionnels, les évêques cherchent à démontrer que la RDC traverse une période particulièrement sensible où toute initiative susceptible d’accentuer les divisions pourrait compromettre davantage la stabilité du pays.


Le document intervient également dans un contexte régional complexe marqué par la crise dans l’Est, les tensions géopolitiques et les défis liés à l’organisation des futures échéances électorales. En proposant le « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble », la CENCO et l’ECC tentent de replacer le dialogue national au centre de la recherche des solutions.  


Au-delà du pouvoir politique, les évêques interpellent l’ensemble des acteurs nationaux : les responsables religieux, la population et la communauté internationale. Leur objectif est de créer un front commun en faveur de la paix, de la cohésion nationale et du respect strict des règles constitutionnelles.  


Par ce message solennel, la CENCO réaffirme son rôle de vigie morale de la nation. Face aux défis sécuritaires, sociaux et politiques qui secouent la RDC, l’Église catholique appelle à privilégier le dialogue, la paix et le respect de la Constitution. Reste désormais à savoir si cet appel sera entendu par les acteurs politiques dans un contexte où les enjeux de gouvernance et de stabilité nationale demeurent plus que jamais au cœur du débat public.  


Le TravailleurÂ