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Médecins Des Services Publics : Entre Revendications Salariales Et Conditions De Travail, Le SYNAMED Lance La Grève Le 24 Juin.

Le Syndicat National des Médecins (SYNAMED) a confirmé, samedi 20 juin, le déclenchement d’un mouvement de grève à partir du mercredi 24 juin 2026 dans l’ensemble des structures sanitaires publiques de la République démocratique du Congo. Cette décision intervient après l’expiration du préavis de grève adressé à la Primature le 12 juin dernier et resté sans réponse satisfaisante.


Lors d’une déclaration à la presse à Kinshasa, le secrétaire général du SYNAMED, le Dr John Senga, a indiqué que le mouvement se déroulera sous le format de « polarisation des urgences », une formule destinée à garantir la prise en charge des cas critiques tout en exerçant une pression sur les autorités gouvernementales.


« Nous dénonçons le silence persistant du gouvernement central face aux revendications légitimes du corps médical », a-t-il déclaré, soulignant que cette décision a été adoptée à l’unanimité par la base syndicale.


Les activités médicales fortement perturbées


Concrètement, à partir du 24 juin, les consultations externes, les interventions chirurgicales programmées, les réunions techniques, les ateliers, les séminaires et les missions de service seront suspendus. Seuls les services d’urgence et les banques de sang continueront à fonctionner normalement.


Le SYNAMED a également demandé à ses membres de finaliser les soins déjà engagés avant le début du mouvement. Dès l’entrée en vigueur de la grève, la responsabilité des patients hospitalisés sera transférée aux médecins directeurs, chefs de département et chefs de service.


Toutefois, une exception a été accordée aux provinces placées sous état de siège ou sous occupation, où les médecins poursuivront leurs activités sans interruption afin de ne pas aggraver la situation humanitaire déjà précaire.


Huit hôpitaux désignés pour les urgences à Kinshasa


Pour assurer la continuité des soins d’urgence dans la capitale, le SYNAMED a retenu huit structures sanitaires de référence. Il s’agit du Centre Hospitalier Roi Baudouin Ier de Masina, de la Clinique Kinoise, de l’Hôpital Général de Référence de Maluku, de l’Hôpital de la Rive, de l’Hôpital Général de Kinkole, de l’Hôpital Général de Référence Mère et Enfant de Bumbu, du Centre de Santé de Référence Kinsuka Pêcheur et du Centre Hospitalier de Mont-Amba.


Le secrétaire exécutif provincial du SYNAMED, le Dr Patrick Boloko, a insisté sur la nécessité de faciliter la sortie des patients hospitalisés au plus tard le 23 juin afin de permettre une meilleure organisation du dispositif de grève.


Une crise persistante dans le secteur de la santé


Cette nouvelle mobilisation illustre le malaise profond qui persiste au sein du système de santé congolais. Depuis plusieurs années, les médecins dénoncent notamment les retards dans l’exécution des accords signés avec le gouvernement, les faibles rémunérations, le manque de mécanisation de nombreux praticiens ainsi que les conditions de travail difficiles dans plusieurs établissements publics.


Le recours à la grève apparaît ainsi comme un ultime moyen de pression pour obtenir l’ouverture d’un dialogue concret avec les autorités et la mise en œuvre des engagements déjà pris.


La décision du SYNAMED intervient dans un contexte où le gouvernement multiplie les annonces en faveur de l’amélioration des conditions sociales des agents publics. Cependant, l’absence de réponses jugées satisfaisantes par les médecins révèle les limites des réformes engagées dans le secteur de la santé.


Si la continuité des urgences permet d’éviter une paralysie totale du système sanitaire, les conséquences de la suspension des consultations et des interventions programmées pourraient rapidement se faire sentir sur des milliers de patients. Cette situation met également en lumière la nécessité d’un dialogue social plus efficace entre l’État et les professionnels de santé.


Comme Le Travailleur l’avait annoncé dès la publication du préavis de grève, le bras de fer entre le gouvernement et les médecins publics est désormais entré dans sa phase décisive. À trois jours du début du mouvement, les regards restent tournés vers la Primature, qui dispose encore d’une courte marge pour engager des négociations susceptibles d’éviter une perturbation majeure des services de santé à travers le pays.


Le Travailleur