Par Daniel Massamba Meboya
La matière grise existe, mais manque d'opportunités
La République démocratique du Congo ne manque ni de talents ni d'institutions capables de former les cadres de demain. L'Institut Supérieur des Techniques Appliquées (ISTA), la Haute École de Commerce de Kinshasa (HEC), l'Institut du Bâtiment et des Travaux Publics (IBTP), l'Institut Supérieur d'Informatique, Programmation et Analyse (ISIPA), la Faculté Polytechnique de l'Université de Kinshasa et bien d'autres établissements produisent chaque année des milliers de diplômés compétents.
Pourtant, une question demeure : que deviennent tous ces jeunes après leurs études ?
Face à un marché de l'emploi limité et à un secteur privé encore insuffisamment développé, beaucoup se retrouvent confrontés au chômage ou au sous-emploi. D'autres quittent le pays à la recherche d'opportunités ailleurs. Ce phénomène représente une perte considérable pour la Nation.
Transformer les idées en entreprises
Le temps est venu pour l'État congolais de changer d'approche. Au lieu de considérer l'emploi public ou les grandes entreprises comme les seules voies de réussite, il faut désormais encourager l'innovation et l'entrepreneuriat.
La création d'un Fonds National d'Innovation permettrait de financer les projets de recherche, les inventions et les initiatives portées par les étudiants, les chercheurs et les jeunes entrepreneurs. Les établissements comme l'ISTA, l'ISIPA ou la Faculté Polytechnique disposent d'un immense potentiel pour développer des solutions adaptées aux réalités congolaises.
Avec les ressources minières stratégiques dont regorge le pays, pourquoi continuer à exporter uniquement des matières premières alors que nous pourrions développer localement des technologies, des logiciels, des équipements et des innovations à forte valeur ajoutée ?
L'incubation : le maillon manquant
Tous les diplômés ne doivent pas nécessairement rédiger des demandes d'emploi. Beaucoup pourraient devenir créateurs d'entreprises si un système efficace d'incubation et d'accompagnement existait. Des incubateurs de startups, des fonds d'amorçage et des programmes de mentorat permettraient à des milliers de jeunes de transformer leurs idées en petites et moyennes entreprises capables de créer des emplois et de dynamiser l'économie nationale.
Le développement des PME technologiques pourrait devenir l'un des moteurs de croissance les plus prometteurs du pays.
Le Congo de demain se construira par l'innovation
Pendant des décennies, la RDC a été perçue principalement comme un pays de ressources naturelles. Le XXIe siècle nous offre l'opportunité de changer cette image. Grâce à ses minerais critiques, à son immense potentiel énergétique et à sa jeunesse dynamique, le Congo possède tous les atouts pour devenir un grand pôle technologique africain.
L'avenir du pays ne se trouve pas uniquement dans son sous-sol. Il se trouve aussi dans l'intelligence de sa jeunesse, dans sa capacité d'innover et dans sa volonté de créer de la richesse à partir du savoir. Miser sur l'innovation et l'entrepreneuriat n'est plus une option : c'est une nécessité pour construire le Congo moderne auquel aspirent des millions de citoyens.■
