Le pasteur Marcello Tunasi se retrouve une nouvelle fois au centre de l’actualité après des propos tenus lors d’une prédication et largement relayés sur les réseaux sociaux. Sans nommer explicitement Mobutu Sese Seko, Joseph Kabila et Félix Tshisekedi, Marcello Tunasi a semblé critiquer certaines pratiques de gouvernance en RDC, plaidant pour une plus grande continuité des politiques publiques et la préservation des acquis institutionnels. le responsable de l’Église La Compassion a dressé un parallèle entre la République démocratique du Congo et le Botswana, un pays souvent présenté comme un exemple de stabilité politique et de bonne gouvernance en Afrique.
« Le Congo est à terre parce que l’autre ne compte pas. Au Botswana, les dirigeants ne sont pas des multimilliardaires, mais le pays l’est. Quand l’un travaille, il laisse la place à l’autre sans guerre. Le suivant ne détruit pas ce que son prédécesseur a réalisé et ne change pas les noms des institutions », a déclaré le prédicateur, dans une séquence vidéo devenue virale.
Ces propos sont interprétés par de nombreux observateurs comme une critique indirecte de la gestion de l’État en RDC et des pratiques politiques marquées par les rivalités entre camps au pouvoir. Le message de Marcello Tunasi met notamment l’accent sur la continuité de l’action publique, la préservation des acquis institutionnels et la primauté de l’intérêt national sur les ambitions individuelles.
Le choix du Botswana n’est pas anodin. Depuis son indépendance, ce pays d’Afrique australe s’est distingué par des transitions politiques généralement pacifiques, une gestion relativement rigoureuse de ses ressources et une stabilité institutionnelle qui lui a permis d’afficher des indicateurs économiques supérieurs à ceux de nombreux pays du continent.
Dans un contexte congolais marqué par les débats sur la gouvernance, la corruption, les réformes institutionnelles et la gestion des ressources naturelles, cette sortie du pasteur résonne comme un appel à une réflexion collective sur le modèle de développement que devrait adopter la RDC.
Les réactions n’ont pas tardé sur les réseaux sociaux. Certains internautes saluent le courage du leader religieux qui ose aborder des questions de gouvernance depuis la chaire, tandis que d’autres estiment que ses propos pourraient être perçus comme une prise de position politique susceptible de lui attirer les critiques des partisans du pouvoir. Cette polémique intervient alors que Marcello Tunasi demeure l’une des figures religieuses les plus influentes du pays, dont les déclarations sont régulièrement scrutées par l’opinion publique.
Au-delà de la controverse, l’intervention du pasteur remet sur la table une question fondamentale : comment construire un État où les institutions survivent aux hommes et où chaque dirigeant contribue à renforcer l’héritage laissé à son successeur plutôt qu’à le déconstruire ? C’est ce défi qui continue d’interpeller la RDC, à l’heure où le pays cherche à consolider sa démocratie et à accélérer son développement..
Belo
