https://letravailleur.net/backend/upload/profil/profil6a41627a32751_1782669946.jpeg

Réforme Constitutionnelle : Des Organisations De La Société Civile Ouvrent Le Débat Sur Le Rôle Du Souverain Primaire.

KINSHASA, 28 juin 2026- La question de la réforme constitutionnelle continue d’animer le débat politique en République démocratique du Congo (RDC). Dans ce contexte, la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), l’Union des Forces de la Société Civile Active (UFSAC) et la Coalition de la Société Civile Laïque ont annoncé la tenue, lundi 29 juin à Kinshasa, d’une conférence de presse consacrée au thème : « Réforme constitutionnelle : la parole au souverain primaire, enjeux et perspectives ».


Prévue dans la salle du bâtiment administratif du ministère de l’Intérieur, cette rencontre vise à créer un espace d’information et de réflexion sur les implications d’une éventuelle réforme de la Constitution ainsi que sur la place du peuple congolais dans ce processus.


Selon le communiqué des organisateurs, les médias, les forces vives de la Nation et l’ensemble des citoyens sont invités à participer à cet échange autour d’une question jugée déterminante pour l’avenir institutionnel et démocratique du pays.


Les initiateurs entendent exposer leur lecture des enjeux constitutionnels et défendre le principe selon lequel le peuple, détenteur de la souveraineté, doit être au cœur de toute décision concernant une éventuelle révision ou élaboration d’une nouvelle Constitution.


Un débat qui divise la société civile


Cette initiative intervient alors que les positions des organisations de la société civile demeurent contrastées.


L’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), dirigée par Jean-Claude Katende, figure parmi les organisations les plus critiques à l’égard du projet de réforme constitutionnelle. Elle estime que les priorités nationales résident davantage dans le rétablissement de la paix, la sécurité dans l’Est du pays, la lutte contre la corruption, l’amélioration de la gouvernance et les conditions sociales de la population. Pour l’ASADHO, engager une réforme constitutionnelle dans le contexte actuel risque d’accentuer les tensions politiques et de détourner l’attention des défis urgents auxquels fait face la RDC. 


D’autres acteurs de la société civile et des confessions religieuses plaident plutôt pour un dialogue national inclusif. L’Église du Christ au Congo (ECC) considère que toute réforme devrait intervenir dans le strict respect des dispositions constitutionnelles, à l’issue d’un large consensus national et d’un processus démocratique transparent. 


À l’inverse, certaines organisations favorables à la réforme soutiennent que le peuple, en tant que souverain primaire, doit pouvoir se prononcer par voie référendaire si un consensus politique ne peut être trouvé. 


Un débat appelé à s’intensifier


À quelques jours des prochaines étapes du processus référendaire annoncé par les autorités, cette conférence de presse devrait contribuer à clarifier les positions des organisations de la société civile favorables à une réforme constitutionnelle.


Au-delà des divergences, une constante se dégage : la nécessité de préserver un débat démocratique apaisé, inclusif et respectueux des principes constitutionnels, afin que toute évolution institutionnelle bénéficie d’une véritable légitimité populaire.


Le Travailleur