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RDC : Les Agents De L’Aménagement Du Territoire En Grève Pour Exiger L’application Du Nouveau Barème Salarial.

Les cadres et agents de l’administration de l’Aménagement du territoire ont entamé, ce lundi, une grève sèche avec service minimum dans les services centraux ainsi que dans les divisions urbaines et provinciales. Réunis en intersyndicale, ils réclament l’application effective du nouveau barème salarial adopté depuis plusieurs années, le paiement de la prime institutionnelle et de l’indemnité permanente, estimant être victimes d’une discrimination salariale persistante.


Le mouvement a été annoncé à l’issue d’un sit-in organisé devant le cabinet du Vice-Premier ministre en charge du Budget. Dans leur mémorandum, les représentants syndicaux, notamment le Syndicat pour la rénovation des agents et fonctionnaires de l’État congolais (SYRAFEC), dénoncent une détérioration continue des conditions de travail et une perte du pouvoir d’achat des agents.


Selon les responsables syndicaux, les primes actuellement versées reposent encore sur une grille barémique datant de 2009, devenue largement dépassée face à l’évolution du coût de la vie. Ils rappellent également que le gouvernement avait adopté une nouvelle grille salariale en 2022, dont l’exécution demeure suspendue faute de financement.


Une note d’information adressée au ministre de l’Aménagement du territoire par le secrétaire général du ministère confirme d’ailleurs l’existence des revendications. Ce document évoque une enveloppe d’environ 12 milliards de francs congolais inscrite au budget 2026 au titre de la prime permanente et souligne que les syndicats réclament sa consommation effective.


Depuis plusieurs années, les agents de l’Aménagement du territoire multiplient les démarches administratives pour obtenir une revalorisation de leur rémunération. Malgré l’adoption d’une nouvelle grille salariale en 2022 et les promesses de réforme de la fonction publique, cette administration affirme ne pas avoir bénéficié des mêmes avantages accordés à d’autres ministères.


Les syndicats dénoncent une inégalité de traitement qui perdure alors même que l’Aménagement du territoire joue un rôle stratégique dans la planification urbaine, la gestion foncière, l’occupation des espaces et l’exécution des politiques publiques de développement.


Cette grève intervient dans un contexte où le gouvernement est confronté à une multiplication des revendications sociales au sein de la fonction publique. Les demandes des agents de l’Aménagement du territoire ne concernent pas uniquement une augmentation des revenus, mais portent également sur le respect des engagements pris par l’État en matière de réforme salariale.


L’élément nouveau réside dans le fait que le secrétaire général lui-même reconnaît officiellement, dans sa note adressée au ministre, l’existence d’un profond malaise social. Il confirme non seulement l’ancienneté des revendications, mais également le décalage entre la grille salariale actuellement appliquée et celle adoptée en 2022.


La référence à une enveloppe budgétaire prévue pour les primes renforce les interrogations sur les difficultés d’exécution des crédits votés. Les syndicats estiment ainsi que le problème ne relève plus d’une absence de moyens budgétaires, mais plutôt d’un retard dans la mise en œuvre des décisions gouvernementales.


Sur le plan administratif, ce mouvement risque d’affecter le fonctionnement des services chargés de l’aménagement du territoire, notamment le traitement des dossiers relatifs à la planification urbaine, aux projets d’occupation des sols et à la coordination des divisions provinciales. Même avec un service minimum, les délais de traitement pourraient s’allonger si le conflit social venait à se prolonger.


Cette mobilisation constitue également un signal pour l’ensemble de la fonction publique congolaise, où plusieurs administrations réclament l’harmonisation des rémunérations et l’application effective des réformes salariales promises depuis plusieurs années.


La grève des agents de l’Aménagement du territoire illustre les défis persistants de la réforme de l’administration publique en République démocratique du Congo. Au-delà des revendications salariales, elle pose la question du respect des engagements de l’État envers ses agents et de l’exécution effective des crédits budgétaires. Une réponse rapide du gouvernement apparaît déterminante pour éviter un enlisement du conflit, préserver la continuité du service public et restaurer un climat social apaisé au sein d’un ministère stratégique pour le développement et la planification du territoire national.


Le Travailleur