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RDC : Reprise De La Riposte Contre Ebola En Ituri, Mais La Question Des Primes Impayées Demeure Un Risque Majeur.

Les prestataires de santé engagés dans la riposte contre la 17ᵉ épidémie d’Ebola en Ituri ont repris leurs activités ce lundi après avoir suspendu leur mouvement de grève. Cette reprise intervient à l’issue d’échanges avec la coordination de la riposte, mais elle ne règle pas le fond du problème : les équipes affirment n’avoir toujours pas perçu leurs rémunérations.


Réunis autour de leur porte-parole, Jems Losanda, les prestataires avaient déposé un mémorandum pour dénoncer les retards de paiement et avertir les autorités provinciales de leur situation. Ils ont accepté de reprendre le travail afin de ne pas compromettre davantage la lutte contre le virus, tout en attendant des réponses concrètes des autorités.


Cette crise met en lumière l’un des principaux défis des réponses sanitaires d’urgence en RDC : la gestion des ressources humaines et financières. Si le pays bénéficie régulièrement d’importants financements de l’État et des partenaires internationaux pour lutter contre Ebola, la chaîne de décaissement semble encore souffrir de lenteurs administratives et de dysfonctionnements qui affectent directement les agents déployés sur le terrain.


Le paradoxe souligné par l’acteur politique Luc Malembe est révélateur. Alors que plusieurs dizaines de millions de dollars auraient été mobilisés pour cette nouvelle riposte, les personnels de première ligne se retrouvent contraints d’interrompre leur mission pour réclamer des primes pourtant essentielles à leur engagement.


Dans une province comme l’Ituri, où l’insécurité, les déplacements de populations et la méfiance envers les autorités compliquent déjà les interventions sanitaires, toute interruption de la riposte accroît le risque de propagation du virus. La confiance des communautés dépend également de la présence continue des équipes médicales, de surveillance et de sensibilisation.


Au-delà du seul paiement des primes, cette situation pose la question de la transparence dans la gestion des fonds destinés aux urgences sanitaires, de la gouvernance des programmes de riposte et de la capacité des institutions à assurer une réponse rapide et efficace lors des crises épidémiques.


La reprise du travail des équipes de riposte constitue un soulagement temporaire pour les populations de l’Ituri. Toutefois, tant que les engagements financiers envers les prestataires ne seront pas honorés, la menace d’une nouvelle paralysie restera présente. Face à une maladie aussi dangereuse qu’Ebola, la rapidité de la réponse médicale doit impérativement s’accompagner d’une gestion rigoureuse et transparente des ressources afin de préserver la motivation des intervenants et d’éviter qu’une crise administrative ne se transforme en crise sanitaire.


Belo