Kinshasa, 7 juillet 2026 – Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa a reçu, mardi, le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, dans le cadre des concertations régulières entre le ministère de la Justice et le Conseil supérieur de la magistrature. Cette réunion de travail a permis d’évaluer l’évolution de plusieurs procédures judiciaires engagées à la suite des injonctions adressées au parquet, conformément à la politique criminelle du Gouvernement.
Selon le ministre, les échanges ont porté sur l’état d’avancement des dossiers en cours, les difficultés rencontrées dans leur traitement ainsi que sur les mesures susceptibles de garantir une justice plus rapide, plus rigoureuse et pleinement indépendante. Les deux responsables ont également réaffirmé leur volonté de préserver le respect des compétences de chaque institution tout en renforçant la coordination entre le ministère de la Justice et le parquet.
En République démocratique du Congo, les rapports entre le ministère de la Justice et le parquet sont encadrés par les textes légaux. Le ministre de la Justice définit la politique criminelle du Gouvernement et peut adresser des injonctions générales ou spécifiques au ministère public, tandis que les magistrats du parquet demeurent responsables de la conduite des poursuites dans le respect de la loi.
Depuis plusieurs années, les autorités congolaises affichent leur volonté de renforcer la lutte contre la corruption, les détournements des deniers publics, les infractions économiques et financières ainsi que les violations graves de la loi. Cette orientation s’inscrit dans une dynamique plus large de réforme de la justice visant à restaurer la confiance des citoyens dans les institutions judiciaires.
Cette rencontre dépasse le simple cadre protocolaire. Elle traduit la volonté du Gouvernement de suivre de près l’exécution de sa politique criminelle tout en réaffirmant le principe de séparation des rôles entre le pouvoir exécutif et l’autorité judiciaire.
L’accent mis sur la célérité des procédures répond à une préoccupation majeure de l’opinion publique, souvent confrontée à la lenteur du traitement des affaires judiciaires. En insistant sur la rigueur des enquêtes et l’indépendance des magistrats, les autorités cherchent également à rassurer sur le fait que les poursuites ne doivent être ni sélectives ni motivées par des considérations politiques.
Le choix de tenir des concertations régulières entre le ministère de la Justice et le procureur général près la Cour de cassation s’inscrit dans une logique d’évaluation permanente des dossiers sensibles. Cette coordination peut améliorer l’efficacité de l’action publique, à condition qu’elle respecte strictement les garanties d’indépendance de la magistrature et les droits des justiciables.
Dans un contexte où la population attend des résultats concrets dans la lutte contre l’impunité, la crédibilité de cette démarche sera jugée moins sur les réunions institutionnelles que sur les décisions judiciaires effectivement rendues, leur impartialité et leur exécution.
En réunissant le procureur général près la Cour de cassation, le ministre de la Justice réaffirme la volonté du Gouvernement de suivre l’évolution des procédures judiciaires prioritaires et de renforcer la coordination institutionnelle. Au-delà des déclarations, l’efficacité de cette démarche sera mesurée par la capacité de la justice congolaise à traiter les dossiers avec célérité, indépendance et transparence, afin de consolider l’État de droit et de restaurer la confiance des citoyens envers l’institution judiciaire.
Belo
