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RDC : Les 143 Mois D’arriérés De Salaires à La RVA De Gbadolite Relancent Le Débat Sur Un Système De Rémunération à Deux Vitesses.

Les agents de la Régie des Voies Aériennes (RVA) affectés à Gbadolite, dans la province du Nord-Ubangi, dénoncent une situation devenue intenable. Ils réclament le paiement de plus de 143 mois d’arriérés de salaires, soit près de douze années de rémunérations impayées, une réalité qui met en lumière les profondes failles de la gestion salariale des entreprises publiques en République démocratique du Congo.


Pour faire entendre leur voix, les travailleurs, accompagnés de la Synergie Citoyenne pour le Changement, ont organisé une marche pacifique et remis un mémorandum au gouvernorat du Nord-Ubangi. Ils décrivent une précarité extrême qui les empêche de satisfaire les besoins fondamentaux de leurs familles, notamment l’alimentation, les soins de santé et la scolarisation de leurs enfants.


La grève déclenchée le 22 juin 2026 se poursuit sans avancée notable. Malgré ce mouvement social, certains agents continuent d’assurer le service minimum afin de garantir le fonctionnement de l’aéroport de Gbadolite, faisant preuve d’un sens élevé du devoir malgré l’absence de rémunération.


Au-delà du cas de Gbadolite, cette crise remet sur la table la question du paiement des salaires par province, une pratique qui entretient des disparités inacceptables au sein d’une même entreprise publique. Il est difficilement compréhensible que des agents exerçant sous une même direction générale soient régulièrement payés dans certaines provinces tandis que d’autres accumulent des années d’arriérés simplement en raison de leur lieu d’affectation.


Le principe de l’égalité de traitement des travailleurs impose pourtant qu’un employeur public garantisse les mêmes droits à l’ensemble de ses agents, indépendamment de la province où ils exercent leurs fonctions. La rémunération ne peut dépendre des performances financières locales ou des réalités administratives provinciales lorsqu’il s’agit d’un établissement public national.


Cette situation révèle également les limites de la gouvernance des entreprises publiques. Lorsqu’un agent est privé de salaire pendant plus d’une décennie, il ne s’agit plus d’un simple retard administratif, mais d’une violation manifeste des droits fondamentaux des travailleurs, avec des conséquences sociales et économiques dramatiques.


Les agents de la RVA de Gbadolite exigent le paiement immédiat des 143 mois d’arriérés, l’instauration d’un mécanisme garantissant la régularité des salaires ainsi qu’une réaction officielle du Gouvernement et de la Direction générale de la RVA, jusque-là accusés de silence.


Le dossier de Gbadolite dépasse le seul cadre de la RVA. Il interpelle l’État congolais sur la nécessité de mettre définitivement fin au système de rémunération différenciée selon les provinces au sein des entreprises publiques. Le droit au salaire est un droit fondamental garanti à tout travailleur. Tant que certains agents continueront à être rémunérés et d’autres abandonnés pendant des années pour des raisons géographiques, le principe d’équité dans la fonction publique et les entreprises de l’État restera gravement compromis.


Le Travailleur