Les enseignants congolais retiennent encore leur souffle en attendant les retombées des travaux de la Commission paritaire entre le gouvernement et l’intersyndicale des enseignants qui se tiennent à Bibwa dans la partie Est de la capitale. Les représentants des enseignants dans ces travaux ne jurent que pour le paiement de plus ou moins 500 dollars américains pour chaque enseignant. C’est ainsi que le Vice premier ministre de la Fonction publique, modernisation de l’Administration et Rénovation du Service public Jean Pierre Lihau ainsi que son collègue, la ministre d’État en charge de l’Éducation Nationale et Nouvelle citoyenneté, Raissa Malu, ont, chacun en ce qui les concernent donné les assurances pour que les travaux de la Commission paritaire puisse aboutir aux préparatifs d’une rentrée scolaire 2024- 2025 apaisée.
La patronne de l’Éducation nationale, n’a pas manqué de rendre hommage au Chef de l’Etat Félix Tshisekedi pour la confiance placée en sa personne pour sa nomination avant de souhaiter un échange constructif avec les différents partenaires éducatifs qui participent à ces travaux. «C’est pourquoi, malgré les défis actuels, le gouvernement a autorisé la tenue de ces assises, soulignant l’importance du dialogue constant qui doit nous unir en toute circonstance.
Ces assises nous offriront l’opportunité de faire le bilan de nos engagements passés, notamment eux pris en mars dernier ici à Bibwa, et de nous tourner vers l’avenir en préparant la rentrée scolaire 2024-2025" a indiqué Raissa Malu. La Ministre d’ État en charge de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté a émis le vœu de voir les discussions se dérouler dans un climat serein et de confiance pour l’intérêt supérieur de l’enfant congolais.
LES ASSURANCES DU VPM LIHAU
Pour sa part le Vice-Premier Ministre Jean Pierre Lihau a souligné la nécessité pour ces assises d’aboutir vite à un compromis républicain, réaliste et contextualisé. «J’ai l’espoir qu’au cours de ces travaux, nous allons expérimenter une nouvelle dimension.
Nous avons la foi que le sursaut patriotique, la confiance mutuelle et le compromis républicain l’emporteront sur les aprioris, la méfiance et le radicalisme. Je vous invite à travailler avec amour et patriotisme dans vos analyses et recherche des pistes de solution en vue de baliser un chemin pour une rentrée scolaire 2024-2025 apaisée et par de-là accroître le niveau de l’enseignement. Ce qui est à faire, c’est de nous regarder dans les yeux et d’avoir un débat sincère, un débat franc devant aboutir à un compromis pragmatique et républicain », a-t-il plaidé.
Le VPM de la Fonction Publique a invité les parties à analyser des thématiques qui privilégient les intérêts des enseignants. « J’ai noté que pour mieux appréhender les principales préoccupations du secteur, quatre thématiques ci-après pourront être analysées par des sous-commissions spécifiques avant leurs adoptions en plénière, à l’occurrence : la sécurisation de la carrière des enseignants, le statut particulier, la santé et les modalités de la mise en place de la cantine scolaire et la rémunération» , a-t-il dit.
A la fin de son discours, des syndicalistes ont entonné spontanément une chanson en brandissant des cartons portant l’inscription « 500 $ ou rien ». En fait, ils exigent l’engagement du Gouvernement a payer désormais un salaire minimum de 500 USD à l’enseignant avant la rentrée scolaire 2024-2025.
En réponse, le VPM Jean-Pierre Lihau leur a rappelé la volonté du Gouvernement congolais de valoriser la profession enseignante. Il a invité les uns et les autres au réalisme, en insistant sur l’importance d’un débat sincère, sans démagogie, et tenant compte des défis actuels du pays, agressé dans sa partie Est.
« Oui, c’est possible de rendre notre éducation nationale plus compétitive et attrayante. C’est possible de faire encore plus rayonner la gratuité de l’enseignement. C’est possible de négocier, de discuter avec respect et courtoisie. C’est possible, dans un élan de responsabilité patriotique, d’aboutir dans un bref délai, aux accords réalistes…» , a- t-il insisté.
Bien avant les allocutions de deux autorités gouvernementales, le Secrétaire général intérimaire Mathieu Bakenge Mukenge de l’Administration de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté a souhaité la bienvenue aux participants de la Commission Paritaire qui vont, pendant deux semaines, échanger en vue de trouver des solutions idoines pour une rentrée scolaire apaisée.
Pour sa part, le porte-parole du banc syndicale de l’EDU-NC, Godefroid Matondo a rappelé les engagements du Gouvernement lors de la Commission Paritaire de mars 2024, et il a affirmé que l’Intersyndicale des enseignants de l’EDU-NC continue de croire à l’expression de la bonne volonté politique du Président de la République de valoriser la fonction enseignante, elle salue à cet effet « l’implication manifeste de la Ministre d’État, ministre de l’EDU-NC, qui, aussitôt entrée en fonction, a pu obtenir une enveloppe destinée à une paie complémentaire pour le mois de juillet 2024, dont l’exécution fait encore défaut à ce jour» . Dans le même ordre d’idée, le banc syndical a félicité et encouragé le Gouvernement d’avoir doté l’Inspection générale, par voie d’arrêté interministériel du VPM de la Fonction Publique, d’un nouveau Cadre organique.
Le banc syndical a par ailleurs rappelé, à l’intention du VPM, la nécessité de prendre un autre arrêté ministériel pour la régularisation de la situation administrative des agents des services centraux, conformément au contrôle effectué au Secrétariat général de l’EDU-NC.
G.N
