L’épidémie de la maladie à virus Ebola continue de susciter de vives préoccupations dans l’Est de la République démocratique du Congo. Alors que des cas ont été signalés dans la province de la Tshopo ainsi qu’à Wamba, dans le Haut-Uele, les autorités sanitaires assurent que la situation reste sous contrôle, tandis que des acteurs locaux dénoncent les insuffisances de la riposte sur le terrain.
Invité de l’émission Dialogue entre Congolais le lundi 13 juillet, le Dr Christian Ngandu, coordonnateur du Centre des opérations d’urgence de santé publique, a reconnu l’existence de cas en dehors de l’épicentre de l’épidémie. Il a toutefois voulu rassurer l’opinion publique.
« Les cas que nous avons dans la Tshopo ou à Wamba sont des cas qui échappent à l’épicentre, mais nous sommes en train de travailler sur ces cas afin qu’ils ne puissent pas produire de cas secondaires », a-t-il déclaré.
Selon lui, les équipes de surveillance épidémiologique, de recherche des contacts et de prise en charge sont mobilisées afin de contenir rapidement ces nouvelles chaînes potentielles de transmission.
Une riposte contestée sur le terrain
Ces assurances sont toutefois loin de convaincre certains acteurs de la société civile. Également invité de l’émission, Luc Malembe, acteur sociopolitique de l’Ituri, estime que la propagation de nouveaux cas traduit les limites du dispositif actuel.
« Si la riposte se déroule bien, comment expliquer que l’épidémie ne fasse que s’étendre ? La riposte tarde à fonctionner convenablement. Dans presque tous les centres de traitement, le personnel soignant est en grève ! », a-t-il dénoncé.
Cette critique fait écho aux revendications du personnel de santé observées ces derniers jours dans plusieurs centres de traitement d’Ebola, où les soignants réclament notamment le paiement de leurs primes et de meilleures conditions de travail. Ces mouvements de grève risquent d’affaiblir les capacités de réponse au moment où l’épidémie exige une mobilisation maximale.
Le Haut-Uele sonne l’alerte
Face à cette évolution de la situation, le gouverneur du Haut-Uele, Jean Bakomito, a lancé un appel pressant au Gouvernement central ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers afin qu’ils renforcent leur soutien aux équipes engagées dans la lutte contre Ebola.
Pour l’autorité provinciale, l’apparition de cas à Wamba nécessite une intervention rapide, avec un renforcement des moyens logistiques, des équipes médicales, de la surveillance communautaire et de la sensibilisation des populations afin d’éviter une extension de l’épidémie vers d’autres territoires.
Une vigilance permanente
L’expérience des précédentes épidémies d’Ebola en RDC montre que la rapidité d’identification des cas, le suivi rigoureux des contacts, l’implication des communautés locales et la motivation du personnel soignant constituent les principaux facteurs permettant de casser les chaînes de transmission. À l’inverse, les retards dans la riposte, les difficultés logistiques ou les mouvements sociaux peuvent favoriser la propagation du virus.
Alors que des cas apparaissent désormais au-delà du foyer initial, les autorités sanitaires se veulent rassurantes sur leur capacité à maîtriser la situation. Toutefois, les alertes lancées par les acteurs locaux et les difficultés rencontrées par le personnel soignant rappellent que la lutte contre Ebola ne peut être efficace qu’avec des ressources suffisantes, des équipes pleinement opérationnelles et une forte adhésion des communautés. Les prochains jours seront déterminants pour empêcher que ces cas isolés ne se transforment en nouveaux foyers épidémiques.
Le Travailleur
