La Coalition Article 64 (C64), principale plateforme de l’opposition congolaise regroupant notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga, Matata Ponyo et Jean-Marc Kabund, a annoncé le report de sa marche pacifique initialement prévue le 22 juillet 2026. Cette décision intervient à la suite de l’annonce, par le président Félix Tshisekedi, de sa volonté de convoquer un dialogue national inclusif.
Réunie à Kinshasa après des consultations menées par la CENCO et l’ECC, la coalition affirme vouloir donner une chance à cette initiative de décrispation politique. Toutefois, elle fixe une échéance claire : le dialogue devra être officiellement convoqué au plus tard le 15 août 2026, sous peine de voir la C64 relancer ses actions citoyennes sur toute l’étendue du territoire national.
Les principales conclusions de la déclaration finale de la C64
Au terme de ses délibérations, la coalition a rendu publique une position qui s’articule autour de plusieurs points essentiels :
- Report de la marche du 22 juillet 2026 afin de favoriser les chances d’un dialogue politique.
- Moratoire accordé au président Félix Tshisekedi jusqu’au 15 août 2026 pour convoquer officiellement le dialogue national inclusif.
- Exigence d’un dialogue véritablement inclusif, réunissant majorité, opposition, société civile, confessions religieuses et autres forces vives de la Nation.
- Maintien de son opposition à toute modification ou révision de la Constitution, considérée comme une ligne rouge.
- Demande de mesures de décrispation politique, notamment le respect des libertés publiques, l’État de droit et un climat de confiance avant l’ouverture des discussions.
- Avertissement clair : si aucun dialogue n’est convoqué dans le délai fixé, la coalition reprendra les manifestations pacifiques et les actions citoyennes pour défendre la Constitution et la démocratie.
Une évolution de la stratégie de l’opposition
Cette décision marque un tournant par rapport aux déclarations des jours précédents. Jusqu’au 19 juillet, plusieurs responsables de la C64, dont Prince Epenge et Ados Ndombasi, réaffirmaient le maintien de la marche du 22 juillet, estimant que l’annonce présidentielle ne constituait pas encore une garantie suffisante. Les échanges avec la CENCO et l’ECC, ainsi que l’annonce d’un dialogue national par le Chef de l’État, ont finalement conduit la coalition à privilégier une approche d’attente tout en maintenant la pression politique.
Un dialogue désormais attendu
Le président Félix Tshisekedi avait annoncé, le 17 juillet, son intention de lancer un dialogue national inclusif destiné à renforcer la cohésion nationale, consolider la paix et réaffirmer le respect de l’ordre constitutionnel. Cette initiative répond aux appels répétés des confessions religieuses et de plusieurs acteurs politiques en faveur d’une solution politique à la crise que traverse le pays.
Le report de la marche constitue un geste d’apaisement qui réduit momentanément les risques de confrontation dans les rues de Kinshasa. Toutefois, la décision de la C64 ne traduit pas un renoncement à ses revendications. En fixant l’échéance du 15 août, l’opposition place désormais le gouvernement devant une obligation de résultats.
Ce moratoire transforme le dialogue en véritable test politique. Si le pouvoir organise rapidement un cadre crédible, inclusif et assorti de garanties, il pourrait ouvrir une nouvelle phase de concertation nationale. En revanche, un retard ou une initiative jugée insuffisamment inclusive risquerait de raviver les tensions politiques et d’entraîner une reprise des manifestations.
Cette séquence confirme également le rôle grandissant de la CENCO et de l’ECC comme facilitateurs entre pouvoir et opposition, dans un contexte où la stabilité institutionnelle demeure intimement liée aux défis sécuritaires auxquels fait face la République démocratique du Congo.
En reportant sa marche sans abandonner ses exigences, la C64 choisit de laisser une fenêtre de dialogue tout en maintenant une forte pression sur les autorités. Les prochaines semaines seront déterminantes : le 15 août apparaît désormais comme une échéance politique majeure qui pourrait soit ouvrir la voie à une décrispation durable, soit marquer le retour de la contestation populaire autour de la défense de la Constitution, de la démocratie et de l’État de droit.
Belo
