La tension politique est montée d’un cran en République démocratique du Congo. Au lendemain de l’arrêt de la Cour constitutionnelle déclarant conforme à la Constitution la loi portant organisation du référendum, la Coalition Article 64 (C64), regroupant plusieurs figures de l’opposition, a vivement contesté cette décision. Dans une déclaration rendue publique le 29 juillet 2026 à Kinshasa, elle qualifie l’arrêt de « nul et non avenu », estimant que la Haute Cour a perdu son indépendance et agit désormais sous l’influence du pouvoir en place.
La plateforme, composée notamment de Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, considère que cette décision ouvre une crise institutionnelle susceptible de fragiliser davantage le climat politique.
Une nouvelle fracture autour du projet référendaire
La déclaration de la C64 intervient dans un contexte où le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle polarise profondément la classe politique congolaise. Depuis plusieurs mois, le pouvoir défend la nécessité d’adapter certaines dispositions de la Constitution aux réalités actuelles, tandis qu’une large partie de l’opposition y voit une tentative de modifier les équilibres institutionnels, avec en toile de fond les prochaines échéances électorales.
En contestant non seulement le contenu de l’arrêt mais également la légitimité de la Cour constitutionnelle, la Coalition Article 64 franchit un palier important dans son discours politique. Elle remet en cause l’indépendance de l’institution chargée de garantir la suprématie de la Constitution, l’accusant d’être devenue un instrument au service de l’exécutif.
Cette prise de position traduit une crise de confiance entre une partie de l’opposition et les institutions de la République. Au-delà du débat juridique, c’est la crédibilité des mécanismes de régulation démocratique qui se retrouve au centre des préoccupations.
La C64 affirme par ailleurs que les réserves d’interprétation formulées par la Cour sur plusieurs dispositions de la loi référendaire démontreraient les faiblesses du texte adopté par le Parlement. À ses yeux, ces réserves alimentent davantage l’incertitude juridique qu’elles ne la dissipent.
Sur le plan politique, l’appel lancé à la population pour rester mobilisée jusqu’au 15 août 2026 laisse présager une intensification des actions de contestation. Si elles demeurent pacifiques, ces mobilisations relèvent de l’expression démocratique. En revanche, toute escalade ou confrontation risquerait d’accroître les tensions dans un pays déjà confronté à des défis sécuritaires, économiques et sociaux majeurs.
De son côté, le pouvoir considère que le processus référendaire s’inscrit dans le strict respect des mécanismes constitutionnels et que la décision de la Cour met fin au débat sur la conformité de la loi. La divergence d’interprétation entre les deux camps confirme que le référendum est désormais autant un enjeu juridique qu’un affrontement politique.
La déclaration de la Coalition Article 64 confirme que le référendum constitue désormais l’un des principaux foyers de tension de la vie politique congolaise. En rejetant frontalement l’arrêt de la Cour constitutionnelle, l’opposition accentue la pression sur les institutions tout en cherchant à mobiliser l’opinion publique autour de la défense de la Constitution. Les prochaines semaines seront déterminantes pour mesurer la capacité des acteurs politiques à préserver un débat démocratique apaisé et à éviter que cette confrontation institutionnelle ne débouche sur une crise politique plus profonde.
Le Travailleur
