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Kinshasa Sous L'Ombre De La Criminalité : Quand La Police Doit Reprendre Le Contrôle

La Banalisation du Crime au
Cœur de la Capitale



 

En plein jour, sous le regard médusé
et résigné des passants, des changeurs de monnaie sont ciblés, dépouillés,
voire exécutés en toute impunité. À Kinshasa, ce scénario d'une violence inouïe
est désormais tristement quotidien. Plus inquiétant encore, ces actes criminels
surviennent souvent à quelques mètres seulement des sous-commissariats. La
banalisation de la terreur urbaine installe un sentiment de vulnérabilité
permanente chez des citoyens abandonnés à leur propre sort.



 

Le commissaire divisionnaire Israël
Kantu, commandant de la police pour la ville de Kinshasa, effectue régulièrement
des visites d'inspection dans les différents sous-commissariats de la capitale.
Mais le constat sur le terrain reste accablant. Plutôt que d'intervenir face à
la vraie criminalité, certains agents concentrent leurs efforts sur
l'arrestation arbitraire de paisibles citoyens, précipités dans des cachots
insalubres sous des motifs fallacieux. La tracasserie policière a
progressivement remplacé la protection républicaine, inversant le rôle
fondamental des forces de l'ordre.



 



Une Logistique Défaillante et
un Abandon Manifeste



 

L'état désastreux des
infrastructures de la Police Nationale Congolaise reflète une crise systémique
profonde. Les cours des commissariats sont encombrées de véhicules privés
abandonnés et d'épaves hors d'usage depuis des années, transformant les locaux
administratifs en véritables dépotoirs à ciel ouvert. Sur le plan opérationnel,
l'absence de moyens de transport adéquats pour les interventions rapides et le
manque criant d'équipements de communication de base, comme les walkies-talkies,
paralysent toute réaction efficace face aux urgences sécuritaires.



 

Pour que la police remplisse sa
mission constitutionnelle de protection des personnes et de leurs biens, une
réforme matérielle et sociale est indispensable. Le gouvernement doit doter
d'urgence la police nationale d'outils modernes de travail et améliorer
significativement la condition de vie des agents. Cependant, ces moyens
matériels ne porteront leurs fruits que si une discipline de fer est imposée au
sein du corps policier pour stopper définitivement les extorsions et restaurer
la confiance rompue avec la population.



 



Restauration de l'Ordre et
Exigence de Résultats



 

Comme le rappelait si justement le
général Donatien Mahele Lieko Bokungu : « Quand les services de sécurité
n'arrivent pas à mettre fin à la criminalité, c'est que les criminels se
cachent dans les services de sécurité ». Aujourd'hui, trop c'est trop. La
police n'a plus d'excuse ni d'alternative : elle doit impérativement éradiquer
l'insécurité pour que rencontrer un agent de l'ordre redevienne un gage de
sérénité et non une source de crainte. (Par DMM)