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RDC : La Réforme Foncière Franchit Une Nouvelle étape Avec La Formation Des Conservateurs Des Titres Immobiliers.

Kinshasa, 5 août 2026 – Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a franchi une nouvelle étape dans la modernisation de la gouvernance foncière. La ministre des Affaires foncières, O’Neige N’Sele, a lancé à Kinshasa la première vague de formation des Conservateurs des Titres Immobiliers (CTI), dans le cadre du vaste programme de réforme destiné à renforcer la sécurité juridique des droits fonciers et à améliorer les performances de l’administration publique.


Cette initiative intervient moins d’une semaine après la signature d’un protocole d’accord entre le ministère des Affaires foncières et l’École nationale d’administration (ENA). La première cohorte rassemble cinquante conservateurs issus de plusieurs provinces du pays, appelés à devenir les principaux acteurs de la mise en œuvre des nouvelles orientations de la politique foncière.


La formation, assurée par l’ENA, couvre les principales innovations introduites par la Loi n°25/062 du 30 décembre 2025, communément appelée « Loi N’Sele ». Elle intègre également des modules consacrés au management public, au leadership, à la conduite du changement, ainsi qu’à l’éthique et à la déontologie de l’agent public.


Prenant la parole à cette occasion, la ministre O’Neige N’Sele a rappelé que cette formation s’inscrit dans un vaste processus de transformation engagé depuis plusieurs mois. Après l’adoption de la nouvelle législation foncière, la révision du cadre organique de l’administration – une première depuis 1982 – et l’élaboration d’un référentiel des emplois et des compétences, le Gouvernement entend désormais placer le développement du capital humain au cœur de la réforme.


La ministre a exhorté les conservateurs à faire preuve de professionnalisme, d’intégrité, d’impartialité et d’un profond sens du service public. Selon elle, la réussite de la réforme dépendra avant tout de la qualité des femmes et des hommes chargés de son application sur le terrain.


Dans cette dynamique, une deuxième vague de formation destinée aux chefs de bureau est annoncée avant la fin de l’année, avec pour objectif d’étendre progressivement le renforcement des capacités à l’ensemble des cadres et agents de l’administration foncière.


Le Directeur général de l’ENA a salué le leadership de la ministre dans la conduite de cette transformation structurelle. En signe de reconnaissance, l’établissement a décidé de baptiser cette première promotion « Promotion O’Neige N’Sele Mimpa », en hommage à son engagement dans la modernisation du secteur.


Une réforme indispensable pour restaurer la confiance


La réforme foncière figure parmi les chantiers institutionnels les plus sensibles en République démocratique du Congo. Depuis plusieurs décennies, le secteur est confronté à de nombreuses difficultés : conflits fonciers récurrents, chevauchement des titres, lenteurs administratives, corruption, insécurité juridique et faible attractivité pour les investisseurs.


L’adoption d’une nouvelle loi ne peut produire les effets escomptés sans une administration compétente et capable d’appliquer les nouvelles dispositions avec rigueur. C’est précisément dans cette perspective que la formation des Conservateurs des Titres Immobiliers prend tout son sens. En investissant dans les compétences des agents, le Gouvernement cherche à professionnaliser la gestion foncière et à instaurer une culture de responsabilité et de transparence.


Cette réforme répond également à un enjeu économique majeur. La sécurisation des droits fonciers constitue un levier essentiel pour attirer les investissements nationaux et étrangers, faciliter l’accès au crédit, réduire les contentieux judiciaires et favoriser le développement des projets agricoles, industriels et immobiliers.


Toutefois, le succès de cette transformation dépendra de plusieurs facteurs : la généralisation de la formation à l’ensemble des services fonciers, la digitalisation des procédures, la lutte effective contre les pratiques frauduleuses, ainsi que le renforcement des mécanismes de contrôle et de reddition des comptes. Sans ces mesures complémentaires, les avancées législatives risquent de produire des résultats limités sur le terrain.


Le lancement de cette première vague de formation constitue un signal fort de la volonté des autorités de moderniser durablement l’administration foncière congolaise. Si cette dynamique est maintenue et accompagnée de réformes institutionnelles profondes, elle pourrait contribuer à restaurer la confiance des citoyens dans les services publics, réduire les conflits liés à la propriété foncière et créer un environnement plus favorable aux investissements. Le véritable défi sera désormais de transformer cette ambition politique en résultats concrets perceptibles par les populations sur l’ensemble du territoire national.


Le Travailleur