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RDC : Lihau Et Bazaïba Engagent La Réorganisation Des Administrations Des Affaires Sociales Et De L’Action Humanitaire.

Kinshasa, 14 août 2026 — Le Gouvernement congolais poursuit le chantier de modernisation de l’Administration publique. Le Vice-Premier ministre, ministre de la Fonction publique, de la Modernisation de l’Administration et de l’Innovation du Service public, Jean-Pierre Lihau, et la ministre d’État chargée des Affaires sociales, de la Solidarité nationale et des Actions humanitaires, Ève Bazaïba, ont échangé sur la réorganisation des deux Secrétariats généraux relevant de ce secteur.


Au centre des discussions : l’actualisation des cadres et structures organiques, avec l’ambition de déterminer plus précisément les missions de chaque service, les responsabilités attachées aux différents postes ainsi que les emplois et compétences réellement nécessaires au fonctionnement de ces administrations.


La démarche répond à trois interrogations fondamentales : qui fait quoi, avec quelles responsabilités et avec quelles compétences ?


Mettre de l’ordre dans l’architecture administrative


La réforme envisagée ne se limite pas à une modification des organigrammes. Elle touche à l’organisation même du travail au sein de l’État.


Les futurs cadres organiques devraient être accompagnés de référentiels d’emplois, instruments destinés à préciser les fonctions, les compétences attendues et les responsabilités correspondant aux différents postes.


Cette orientation rejoint d’ailleurs l’esprit du statut des agents de carrière des services publics de l’État. La loi n°16/013 du 15 juillet 2016 prévoit que les cadres organiques et les effectifs maxima des emplois au sein des services publics sont fixés par décret du Premier ministre, après délibération en Conseil des ministres, sur proposition du ministre ayant la Fonction publique dans ses attributions. 


La même législation établit un principe déterminant dans l’organisation administrative : le grade correspond à l’emploi. Elle encadre également les affectations, les vacances de postes et les intérims.


Éviter les doublons et les conflits d’attributions


Dans une administration publique, la multiplication de structures dont les compétences sont mal délimitées peut entraîner des chevauchements d’attributions, une dilution des responsabilités et une utilisation peu rationnelle des ressources humaines.


C’est précisément l’un des problèmes que la réforme entend prévenir.


En définissant clairement les missions des directions, divisions, bureaux et emplois, les nouveaux cadres organiques pourraient permettre de savoir quelle structure est responsable de quelle politique publique et quel agent doit répondre de quel résultat.


Cette clarification revêt une importance particulière dans les secteurs des Affaires sociales, de la Solidarité nationale et des Actions humanitaires, où les interventions publiques touchent directement les populations vulnérables et nécessitent une coordination efficace entre plusieurs services.


Du cadre organique à la gestion des compétences


L’autre dimension importante du chantier concerne la gestion prévisionnelle des effectifs, des emplois et des compétences.


Des documents officiels de la Fonction publique relatifs au recrutement dans certaines administrations montrent déjà l’importance accordée à la définition précise des profils, des qualifications, de l’expérience professionnelle et des responsabilités attachées aux emplois publics. 


L’enjeu consiste donc à passer progressivement d’une administration principalement structurée autour des grades et des effectifs à une administration davantage orientée vers les emplois, les compétences et les résultats.


Un référentiel d’emplois bien élaboré permet notamment d’identifier les compétences nécessaires, de mieux orienter les recrutements, de déterminer les besoins de formation et de faciliter l’évaluation des agents.


Une réforme technique aux conséquences très concrètes


La réorganisation annoncée peut sembler essentiellement administrative. Elle constitue pourtant un volet stratégique de la réforme de l’État.


Une administration peut disposer de nombreux agents sans nécessairement être performante lorsque les responsabilités sont imprécises, les emplois mal définis ou plusieurs services chargés des mêmes missions.


Le chantier porté par Jean-Pierre Lihau et Ève Bazaïba pose ainsi la question de la rationalisation administrative : il ne s’agit pas seulement de déterminer combien d’agents travaillent dans un ministère, mais d’identifier les emplois indispensables, les compétences correspondant à ces emplois et les résultats attendus de chaque structure.


Cette réforme pourrait également faciliter, à terme, une meilleure maîtrise des effectifs et de la masse salariale. Un cadre organique réaliste permet en effet de distinguer les besoins objectifs de l’administration des postes qui ne correspondent plus à ses missions actuelles.


Mais la réussite du processus dépendra surtout de sa mise en œuvre. L’élaboration de nouveaux organigrammes ne produira véritablement des résultats que si elle est accompagnée d’une affectation cohérente des agents, de formations adaptées, d’une gestion transparente des postes et d’une évaluation régulière des performances.


Un chantier qui devra se mesurer au service rendu


La réorganisation des Secrétariats généraux des Affaires sociales et de la Solidarité nationale et Actions humanitaires s’inscrit ainsi dans une logique plus large de professionnalisation de l’Administration congolaise.


Après la définition des structures viendra cependant l’étape décisive : leur fonctionnement effectif.


Car la modernisation de l’État ne se mesure pas seulement à la qualité de ses organigrammes, mais à sa capacité à transformer une organisation administrative plus rationnelle en services plus rapides, plus transparents et plus efficaces pour la population. C’est sur ce terrain, celui du citoyen et des résultats, que cette réforme devra finalement faire ses preuves.


Le Travailleur