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Mobilité Urbaine à Kinshasa : La Relance Du Train Gare Centrale–N'djili Face à L'arbitraire Du Transport Privé

L'enfer quotidien du trajet
vers le centre-ville



Rejoindre
son lieu de travail dans le centre des affaires de Kinshasa sans arriver épuisé
ou couvert de sueur relève du parcours du combattant. L'asphyxie routière de la
capitale contraint quotidiennement des milliers de citoyens à subir des heures
de bouchons sous une chaleur étouffante.



À
ce calvaire physique s'ajoute l'arbitraire tarifaire des conducteurs de taxis
et « bus esprits de mort ». En toute impunité, les transporteurs privés fixent
leurs propres tarifs, tronçonnent les itinéraires et augmentent les prix au gré
des embouteillages. Face à ce désordre, le silence et l'indifférence des
autorités publiques laissent la population démunie, contrainte de payer le prix
fort pour des déplacements de plus en plus chaotiques.



Le train urbain : une alternative
économique et stratégique



Dans
ce contexte d'asphyxie, la reprise du trafic ferroviaire ce lundi 17 août 2026 entre
la Gare centrale et l'aéroport international de N'djili apparaît comme une
bouffée d'oxygène. Avec deux rotations programmées le matin (6h30 et 8h30) et
des tarifs très abordables allant de 1 000 CDF à 2 500 CDF pour la classe VIP,
le ministère des Transports réintroduit une alternative crédible et prévisible.



Le
rail offre l'avantage inestimable de contourner les goulots d'étranglement du
boulevard du 30 Juin et du boulevard Lumumba. Il permet d'assurer des temps de
parcours maîtrisés et de préserver la dignité des usagers qui recherchent un
moyen de transport décent et économique.



Les conditions d'une pérennité
indispensable



Si
cette initiative est saluée par tous, la véritable question réside dans sa
durabilité. L'histoire récente du réseau ferroviaire kinois est émaillée
d'interruptions répétées dues au manque d'entretien du matériel roulant et des
voies. Deux rotations quotidiennes restent nettement insuffisantes pour
absorber la demande massive d'un bassin de population de plusieurs millions d'habitants.



Pour
que ce train ne soit pas une simple annonce éphémère, le gouvernement doit
faire preuve d'ambition : augmenter rapidement la fréquence des trajets,
garantir la sécurité des passagers, moderniser les infrastructures et étendre
le réseau vers d'autres communes enclavées. Seul un engagement de long terme
permettra de libérer Kinshasa de la tyrannie du transport informel. (Par Daniel Massamba Meboya)