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RDC : Face Au Recul De L’aide Internationale, Le Gouvernement Lance Une Campagne Permanente De Solidarité Nationale.

Kinshasa, 20 août 2026 — La République démocratique du Congo a lancé à Kinshasa une Campagne de solidarité nationale à caractère permanent, à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire. L’initiative vise à renforcer la mobilisation nationale en faveur des populations affectées par les crises humanitaires, dans un contexte marqué par la contraction des financements internationaux.


L’annonce figure dans un communiqué officiel du ministère des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, signé le 19 août 2026 par la ministre d’État Ève Bazaiba Masudi.


« Face à la baisse drastique de l’aide internationale, le Gouvernement de la République […] a intégré dans sa stratégie d’appropriation nationale de la crise, la Campagne de Solidarité Nationale à caractère Permanent », indique le communiqué.


Une réponse nationale à une crise humanitaire persistante


Cette initiative intervient alors que la RDC reste confrontée à plusieurs foyers de crise, particulièrement dans l’Est du pays, où les conflits armés continuent de provoquer déplacements de populations et besoins humanitaires considérables.


Le gouvernement entend ainsi compléter l’assistance internationale par une mobilisation accrue des ressources et des solidarités nationales. Selon le ministère, la campagne doit permettre « d’apporter sourire, réconfort et espoir » aux personnes en situation de vulnérabilité, tout en renforçant les liens d’unité et de solidarité entre Congolais.


La démarche est placée sous l’impulsion du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.


Six travailleurs humanitaires tués entre janvier et juin 2026


Le communiqué attire également l’attention sur les dangers auxquels sont confrontés les acteurs humanitaires. Selon les chiffres avancés par le gouvernement, des milliers de personnes, parmi lesquelles six travailleurs humanitaires, ont perdu la vie entre janvier et juin 2026 dans le contexte des violences dans l’Est du pays.


Kinshasa condamne les attaques visant le personnel humanitaire et rappelle l’obligation de respecter les principes du Droit international humanitaire. Le gouvernement réclame également des sanctions pénales contre les auteurs des violences et appelle la communauté internationale à intensifier ses efforts en faveur du retour de la paix en RDC.


Cette position rejoint le thème international de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, « Agir pour l’humanité », qui met cette année l’accent sur la protection de celles et ceux qui interviennent au péril de leur vie auprès des populations victimes des crises.


De l’assistance extérieure à l’appropriation nationale


Au-delà de sa dimension symbolique, le lancement d’une campagne permanente traduit une évolution dans l’approche gouvernementale : la réponse humanitaire ne devrait plus reposer exclusivement sur les partenaires internationaux.


Dans un environnement où les besoins augmentent alors que les ressources extérieures se contractent, l’appropriation nationale devient un enjeu majeur. La campagne pourrait notamment favoriser la contribution des institutions publiques, du secteur privé, des organisations sociales, des confessions religieuses, de la diaspora et des citoyens.


Mais son efficacité dépendra de sa traduction opérationnelle. Il faudra notamment préciser les mécanismes de collecte des contributions, les modalités de gestion des fonds ou des biens recueillis, les critères de sélection des bénéficiaires ainsi que les dispositifs de transparence et de reddition des comptes.


Le défi de la permanence et de la transparence


En choisissant de donner un caractère permanent à cette campagne, le gouvernement place la solidarité nationale au-delà des seules interventions ponctuelles déclenchées après une catastrophe ou une urgence.


L’ambition est importante dans un pays confronté simultanément aux conflits armés, aux déplacements internes, aux catastrophes naturelles et à diverses formes de vulnérabilité sociale.


Reste désormais à transformer cet appel à la solidarité en un mécanisme durable, crédible et mesurable. Car après l’annonce politique viendra l’épreuve de la mise en œuvre : la réussite de cette campagne se jugera moins aux contributions annoncées qu’à l’aide effectivement apportée, en toute transparence, aux populations qui en ont le plus besoin.


Le Travailleur