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ESU : La Ministre Suspend Le Paiement Des Rémunérations De 33 Membres Du Personnel Visés Par Une Enquête.

Le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations (ESURSI) durcit le ton face aux faits reprochés à certains membres du personnel académique et scientifique. Dans une correspondance datée du 21 août 2026, la ministre Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna a instruit les secrétaires généraux compétents de suspendre le paiement des rémunérations de plusieurs agents concernés par une procédure d’enquête.


La décision fait suite, selon la lettre ministérielle, aux conclusions de la Commission mixte chargée d’examiner la situation des membres du personnel de l’ESU, de la Recherche scientifique et Innovations ayant rejoint le Mouvement AFC/M23, ou prêté allégeance à celui-ci, ou encore accepté d’exercer des fonctions sous son autorité, en marge de la procédure de révocation engagée à leur encontre.


33 membres du personnel concernés


L’annexe jointe à la correspondance ministérielle reprend une liste de 33 personnes, réparties en deux catégories : 28 professeurs et 5 chefs de travaux.


Parmi les professeurs cités figurent notamment Jaribu Muliwavyo, Gahamanyi Niyonzima, Balege Rugunduka Stanislas, Ndayazi Byemero Désiré, Kambale Nyondo Jean-Pierre, Kambale Mondo, Twizere Bakunda, Butoa Balingene, Tcheta Bampa Albert, Kambale Mukwemulere, Somora Patrick, Balihamwabo Tulinabo Christian, Bengeya Machozi Déo, Ekyoci Sady Rex, Wimba Kayange Louisette et Amisi Safari.


La liste comprend également Lumonge Zabazende Désiré, Bapolisi Bahuga Paulin, Usungo Ulungu Jacques, Muyisa Kavaturwa Séverin, Muhunga Matumwabiri Roger, Muhinduka Dikuruba, Riziki Walumona Jacques, Bahaya Barahamukenyi Siméon, Mano Macumvi Innocent, Munenge Mudage Florent, Kabonyi Nzabandora Chantal et Cagaline Baguma.


Les cinq chefs de travaux concernés sont Bafakulera Mizerero, Rurahoze Biterahoga, Nkurikiye Rubibi, Ndyamiye Semivumbi et Bazimaziki Munyamasoko Patrick.


Suspension immédiate de la paie


Dans sa correspondance, la ministre demande aux deux secrétaires généraux de prendre, chacun en ce qui le concerne, toutes les dispositions nécessaires afin que le paiement des rémunérations des personnes concernées soit immédiatement suspendu.


Elle exige également leur désactivation des listings de paie et la transmission des instructions nécessaires aux services intervenant dans la liquidation et le paiement des rémunérations.


Cette mesure est présentée comme intervenant dans l’attente de l’aboutissement de la procédure de révocation engagée à leur encontre.


Il convient donc de distinguer la suspension administrative du paiement des rémunérations d’une décision définitive sur la situation individuelle de chaque personne citée. La lettre indique que la procédure suit encore son cours.


Une décision à forte portée administrative


Cette mesure touche un secteur particulièrement sensible. L’université et la recherche scientifique constituent des institutions publiques dont les personnels sont soumis à des obligations administratives et professionnelles, tandis que toute procédure disciplinaire doit également respecter les garanties prévues par les textes applicables.


En liant directement la suspension de la rémunération aux conclusions d’une commission mixte et à une procédure de révocation, le ministère entend manifestement assurer l’exécution immédiate des mesures administratives prises à l’encontre des personnes mises en cause.


La question dépassera cependant le seul aspect salarial. Elle pourrait également avoir des conséquences sur la carrière administrative, les fonctions académiques et la situation professionnelle des intéressés si la procédure engagée devait finalement conduire à leur révocation.


Entre fermeté de l’État et respect de la procédure


Dans le contexte sécuritaire que traverse la République démocratique du Congo, particulièrement dans l’Est du pays, la décision traduit la volonté du Gouvernement de renforcer le contrôle sur les agents publics soupçonnés d’avoir rejoint l’AFC/M23, de lui avoir prêté allégeance ou d’avoir accepté des responsabilités sous son autorité.


Mais la portée politique et administrative du dossier impose également une gestion rigoureuse des procédures. Les faits reprochés devront être établis individuellement et les décisions définitives prises conformément aux règles applicables.


Pour l’heure, la mesure prise par la ministre de l’ESURSI est claire : les 33 membres du personnel repris dans l’annexe sont écartés des listings de paie en attendant l’aboutissement de la procédure engagée à leur encontre.


Ce dossier constitue ainsi un nouveau signal de fermeté de l’État dans la gestion de son personnel en période de crise sécuritaire. La prochaine étape déterminante sera désormais l’issue de la procédure de révocation, qui permettra de connaître définitivement le sort administratif réservé à chacun des membres du personnel concernés.


Le Travailleur