La tension semble monter autour de la gouvernance de la Minière de Bakwanga (MIBA). ASA Resource Group PLC a décidé de sortir de son silence pour dénoncer avec fermeté ce qu’elle qualifie de « dérive autoritaire » de l’actuel Conseil d’administration de cette entreprise minière stratégique de la République démocratique du Congo.
Au cœur de cette dénonciation figurent notamment la fermeture présumée des bureaux du Directoire général adjoint de la MIBA et leur mise sous scellés. Selon ASA Resource Group PLC, cette décision aurait été prise unilatéralement, dans un contexte de tensions internes autour de la gestion et de l’exercice des responsabilités au sein de la société.
Plus préoccupant encore, ASA Resource Group PLC fait état d’actes présumés d’intimidation à l’encontre de Mme Cécile. Selon la société, des personnes présentées comme des agents non identifiés des services de renseignement se seraient rendues à son domicile et y auraient proféré des menaces, sans qu’un mandat légal ait été présenté.
Ces affirmations sont graves et appellent, au-delà de la confrontation entre les différentes parties, à une clarification officielle. À ce stade, les accusations formulées par ASA Resource Group PLC doivent être considérées comme sa version des faits, dans l’attente notamment d’une réaction du Conseil d’administration de la MIBA et, le cas échéant, des services publics mis en cause.
ASA invoque le respect de l’État de droit
Pour ASA Resource Group PLC, le différend ne devrait pas être réglé par des mesures de contrainte ou d’intimidation, mais dans le strict respect des textes régissant la société, des compétences de ses différents organes et de la législation congolaise.
« La gouvernance d’une entreprise publique exige le respect du droit et de l’État de droit, non des méthodes d’intimidation », soutient en substance la société.
Cette prise de position replace ainsi le dossier sur le terrain de la gouvernance d’entreprise. Dans une société aussi stratégique que la MIBA, toute divergence entre actionnaires, administrateurs ou dirigeants devrait, en principe, être tranchée par les mécanismes statutaires, administratifs ou judiciaires prévus par la loi.
Le recours présumé à des services de sécurité dans un conflit de gouvernance, s’il venait à être établi, poserait également la question des limites entre la gestion interne d’une entreprise et l’intervention des institutions de l’État.
Une crise qui nécessite des éclaircissements
La MIBA demeure un actif stratégique pour l’économie congolaise et particulièrement pour l’espace Grand Kasaï, où son redressement est attendu depuis plusieurs années. Une crise prolongée au sommet de l’entreprise pourrait donc dépasser une simple querelle de personnes et affecter les efforts de relance de ses activités.
L’enjeu est désormais d’établir précisément les circonstances ayant conduit à la fermeture et à la mise sous scellés des bureaux évoqués par ASA Resource Group PLC, mais également de déterminer l’identité et la qualité des personnes qui se seraient présentées au domicile de Mme Cécile ainsi que la base légale éventuelle de leur intervention.
Dans ce dossier sensible, la transparence apparaît indispensable. Le Conseil d’administration de la MIBA devrait pouvoir présenter sa version des faits afin de permettre à l’opinion de comprendre les motivations des décisions contestées.
Au-delà du bras de fer qui se dessine, la crise interpelle directement sur la gouvernance de la MIBA. Pour une entreprise appelée à jouer un rôle majeur dans la relance économique du Kasaï, le respect des procédures, des compétences institutionnelles et de l’État de droit reste une condition essentielle à sa stabilité et à sa crédibilité.
Le Travailleur
