À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, une importante organisation syndicale du secteur éducatif se prononce en faveur de la reprise des enseignements. L’Intersyndicale des Syndicats des Enseignants du ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté (EDU-NC) appelle l’ensemble des enseignants à reprendre normalement les cours dès le mardi 1er septembre 2026, sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo.
Cette position intervient dans un contexte marqué par des revendications sociales persistantes et des divergences au sein du mouvement syndical enseignant sur l’attitude à adopter à la rentrée.
Des engagements du Gouvernement passés au crible
Selon le document signé par Godefroid Matondo Nzuzi, président et porte-parole de l’Intersyndicale, la décision de reprendre les cours a été arrêtée à la suite d’une Assemblée générale consacrée à l’évaluation des engagements pris par le Gouvernement en faveur des enseignants.
Les syndicalistes ont notamment examiné les conclusions de la deuxième plénière de la Commission interministérielle, organisée du 12 au 14 août 2026, ainsi que les résultats de la séance de travail tenue le 28 août avec la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale.
Au terme de cette évaluation, l’Intersyndicale estime que plusieurs engagements gouvernementaux permettent d’envisager la reprise des activités scolaires, tout en maintenant une vigilance sur leur exécution effective.
Parmi les principales avancées annoncées figure la volonté du Gouvernement de prioriser le paiement des enseignants encore classés comme « nouvelles unités » et « nouveaux programmés ». Ce dossier constitue depuis plusieurs années l’une des principales sources de mécontentement dans le secteur de l’éducation.
L’Exécutif s’est également engagé à faire avancer le processus de signature des décrets portant statut particulier des enseignants et des inspecteurs, avec une échéance annoncée pour la mi-septembre 2026.
Autre dossier sensible : celui de la Mutuelle de santé des enseignants (MESP). L’Intersyndicale indique que cette question doit également faire l’objet d’un traitement dans le cadre des engagements pris par les autorités.
Une rentrée sur fond de divergences syndicales
Cet appel à la reprise intervient alors que le front syndical des enseignants ne présente pas une position totalement uniforme.
Certaines organisations syndicales avaient auparavant appelé à la non-reprise des cours, estimant que plusieurs revendications des professionnels de l’éducation demeuraient sans réponses suffisamment concrètes.
La position de l’Intersyndicale introduit ainsi une nouvelle donne à la veille de la rentrée. D’un côté, certains syndicats considèrent que les promesses gouvernementales ne suffisent plus et réclament des actes préalables. De l’autre, l’Intersyndicale choisit de donner une chance aux engagements pris par l’Exécutif et privilégie la reprise des enseignements.
Cette divergence place désormais le Gouvernement devant une responsabilité majeure : transformer rapidement les engagements annoncés en mesures concrètes.
Car, au-delà de l’appel à reprendre les cours, les principales revendications restent liées à l’amélioration des conditions sociales et professionnelles des enseignants, à la régularisation administrative et salariale ainsi qu’à leur accès aux soins de santé.
Le Gouvernement attendu sur l’exécution
La reprise du 1er septembre pourrait donc constituer moins l’aboutissement du dialogue social qu’une nouvelle période d’observation.
En appelant les enseignants à rejoindre leurs établissements, l’Intersyndicale semble privilégier la continuité du service public de l’éducation et éviter que les élèves soient les premières victimes du bras de fer social. Mais cette ouverture donne également au Gouvernement l’obligation de respecter les échéances convenues.
Le paiement effectif des nouvelles unités et des nouveaux programmés, la signature des textes relatifs au statut particulier ainsi que les avancées concernant la Mutuelle de santé seront particulièrement scrutés.
La rentrée scolaire 2026-2027 s’annonce ainsi sous le signe d’un compromis encore fragile. L’appel de l’Intersyndicale pourrait favoriser une reprise effective des cours dans plusieurs établissements du pays, mais la stabilité de l’année scolaire dépendra surtout de la capacité du Gouvernement à matérialiser les engagements pris. À défaut, les revendications aujourd’hui contenues pourraient rapidement refaire surface.
Belo
