Une opposition favorable au principe du dialogue, mais vigilante sur sa finalité
L’Opposition Républicaine (OPR26), dirigée par Jean-Claude Baende, sénateur et rapporteur adjoint du sénat, accueille favorablement l’annonce du Dialogue national faite par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. La plateforme politique pose toutefois plusieurs conditions pour que ces assises contribuent réellement à la paix et à la cohésion nationale sans remettre en cause le fonctionnement normal des institutions démocratiques.
Dans une déclaration politique datée du 29 août 2026 à Kinshasa, l’OPR26 indique avoir suivi avec une « attention particulière » l’allocution présidentielle du 27 août consacrée à l’ouverture du Dialogue national.
Après analyse, la plateforme dit saluer cette initiative dans un esprit de responsabilité et de patriotisme. Pour l’OPR26, le dialogue fait partie des moyens auxquels les Congolais peuvent recourir pour rechercher des solutions aux crises qui affectent le pays, particulièrement dans un contexte marqué par des défis politiques, économiques et sécuritaires.
« Inclusif, libre, pluraliste et représentatif »
Mais l’adhésion de l’OPR26 n’est pas sans conditions. La plateforme demande que le processus soit organisé sur des bases garantissant une participation suffisamment large des forces politiques et sociales.
Elle appelle ainsi à une consultation « inclusive, libre, pluraliste, représentative et sans récupération politique ».
Contrairement à certaines forces de l’opposition qui ont choisi de rejeter le processus annoncé par le chef de l’État, l’OPR26 affirme sa disponibilité à y prendre une part active et constructive.
La plateforme entend notamment profiter des assises pour faire entendre sa lecture de la situation nationale et apporter sa contribution à la recherche de la paix ainsi qu’au renforcement de la cohésion nationale.
Pas question de reporter les élections
C’est sur la question électorale que l’Opposition Républicaine se montre particulièrement exigeante.
Pour l’OPR26, le Dialogue national ne doit en aucun cas perturber la continuité du processus démocratique et électoral. La plateforme réclame ainsi la présentation d’un calendrier électoral « clair, crédible et public » pour le prochain cycle.
Elle prévient surtout que le Dialogue ne devrait devenir, « en aucune manière », un prétexte pour un report indéfini des échéances électorales.
Cette exigence place la question du respect des échéances constitutionnelles au cœur de la participation de cette composante de l’opposition au processus initié par Félix Tshisekedi.
Ni partage du pouvoir, ni dialogue réservé aux élites
L’OPR26 met également en garde contre une éventuelle transformation des assises en espace de négociation des postes politiques.
Pour Jean-Claude Baende et ses partenaires, le Dialogue ne doit pas être uniquement « une tribune des élites », encore moins un mécanisme destiné au « partage ou [à] des redistributions des responsabilités entre acteurs politiques ».
La plateforme souhaite donc que les discussions portent prioritairement sur les problèmes auxquels le pays est confronté et débouchent sur des résultats concrets plutôt que sur de nouveaux arrangements politiques.
L’OPR26 réclame des termes de référence précis
Tout en confirmant sa disposition à participer, l’Opposition Républicaine affirme qu’elle entend conserver son indépendance et son rôle de contre-pouvoir.
Elle demande au pouvoir de communiquer clairement la date de début du processus, la durée des consultations provinciales, la date des assises nationales, la durée globale des travaux ainsi que les termes de référence définissant les objectifs et les résultats attendus.
Une ligne différente au sein de l’opposition
La déclaration de l’OPR26 met en évidence les divergences qui apparaissent déjà dans l’opposition congolaise face au Dialogue national. Alors que certaines plateformes privilégient le rejet de l’initiative présidentielle, Jean-Claude Baende choisit une stratégie de participation conditionnelle : accepter le principe du dialogue tout en réclamant des garanties sur son inclusivité, son contenu et surtout sur le respect du calendrier électoral.
Cette position pourrait contribuer à structurer un autre courant au sein de l’opposition : celui qui estime que la contestation politique peut également s’exprimer à l’intérieur des assises, à condition que celles-ci ne deviennent ni un instrument de prolongation du pouvoir ni un cadre de redistribution des fonctions publiques.
Pour l’OPR26, l’enjeu est donc clairement posé : dialoguer, oui, mais sans sacrifier les échéances électorales, le pluralisme politique et les exigences démocratiques.
Belo
