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RDC : Guillaume Ngefa Privilégie Le Droit Et Le Dialogue Face Au Dossier Des Démolitions à Bandalungwa.

La situation des habitations érigées dans les emprises de la Société nationale d’électricité (SNEL) à Bandalungwa, à Kinshasa, est désormais examinée au plus haut niveau du ministère de la Justice. Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a réuni, lundi 31 août 2026, une délégation de la SNEL conduite par son directeur général, le professeur Teddy Lwamba Muba.


Au centre des échanges : les menaces de démolition pesant sur plusieurs habitations situées à proximité d’une ligne électrique à haute tension. Un dossier sensible où se croisent sécurité publique, occupation des emprises, légalité des mesures envisagées et protection des droits des populations.


Guillaume Ngefa entend les habitants, puis la SNEL


Cette réunion intervient quatre jours après une première démarche du ministre d’État. Le 27 août, Guillaume Ngefa avait en effet reçu en audience une cinquantaine d’habitants concernés par les menaces de démolition.


Après avoir entendu les populations, le ministre a choisi de recueillir également la version de la SNEL. Il a notamment demandé des explications sur l’historique de l’implantation de la ligne électrique, les contraintes techniques et sécuritaires ainsi que les fondements juridiques susceptibles de justifier les mesures envisagées.


Cette démarche traduit une méthode qui mérite d’être soulignée : ne pas trancher un différend aussi sensible sur la seule base des revendications d’une partie, mais confronter les positions, vérifier les titres et les responsabilités et replacer toute décision dans le cadre de la loi.


À l’issue de la séance de travail, les parties ont convenu de mettre sur pied une commission chargée d’approfondir l’examen du dossier et de rechercher une solution susceptible de concilier trois impératifs : la sécurité des personnes, le respect de la législation et la sauvegarde des droits des populations concernées.


Une intervention qui place la Justice dans un rôle préventif


Au-delà du cas particulier de Bandalungwa, l’intervention de Guillaume Ngefa révèle une conception plus large de l’action du ministère de la Justice. Il ne s’agit plus seulement d’intervenir lorsque le conflit a déjà dégénéré ou qu’une procédure judiciaire est engagée, mais également de contribuer à prévenir l’arbitraire et à faire respecter les procédures légales.


La présence d’habitations aux abords d’une ligne électrique à haute tension soulève évidemment une question de sécurité qui ne saurait être minimisée. La SNEL a la responsabilité de protéger ses infrastructures et de prévenir les risques liés à l’occupation de certaines emprises.


Mais l’impératif sécuritaire ne dispense pas les autorités du respect de la loi. Une opération de démolition susceptible d’affecter des familles doit reposer sur des bases juridiques établies, des responsabilités clairement déterminées et des procédures régulières.


C’est précisément sur cette ligne d’équilibre que Guillaume Ngefa semble vouloir placer le traitement du dossier.


Ni démolition précipitée, ni mépris des impératifs de sécurité


La création d’une commission constitue ainsi une étape importante. Elle devra notamment permettre d’établir les faits : quelles sont exactement les limites des emprises de la SNEL ? À quelle période les habitations ont-elles été construites ? Quels documents administratifs ou fonciers ont éventuellement été délivrés ? Quelles distances de sécurité doivent être respectées autour des installations électriques ? Et surtout, quelles solutions peuvent être envisagées dans le respect de la législation ?


Ces interrogations sont essentielles, car derrière les constructions se trouvent des familles dont les droits doivent être considérés, tandis que derrière les installations de la SNEL existe un impératif de sécurité publique que l’État ne peut ignorer.


Le ministre d’État a donc retenu une voie de conciliation plutôt qu’une logique de confrontation.


« Toute démarche devra se faire dans le strict respect de la Constitution et des lois de la République, en privilégiant le dialogue et la protection des droits de toutes les parties », a-t-il insisté.


La méthode Ngefa mise à l’épreuve du terrain


Depuis son arrivée à la tête du ministère de la Justice, Guillaume Ngefa entend faire du respect de l’État de droit et de l’effectivité des décisions légales des marqueurs de son action. Le dossier de Bandalungwa lui offre un terrain concret où cette orientation doit produire des résultats perceptibles pour les citoyens.


Sa démarche présente ici un intérêt institutionnel : le ministre n’a pas immédiatement pris parti. Il a d’abord reçu les habitants, puis convoqué la partie institutionnelle concernée avant de mettre en place un mécanisme conjoint d’examen.


C’est une méthode qui renforce la crédibilité de l’intervention publique. Car protéger les citoyens ne signifie pas nécessairement leur donner raison sur le fond ; de même, défendre les prérogatives d’une entreprise publique ne saurait autoriser des décisions échappant aux procédures prévues par la loi.


Le véritable enjeu sera désormais celui du suivi. La commission annoncée devra travailler rapidement, établir les responsabilités éventuelles et déboucher sur des recommandations applicables. C’est à cette condition que la médiation ministérielle dépassera le stade des consultations pour devenir une véritable réponse de l’État.


Faire de la loi l’arbitre du conflit


Dans le dossier des habitations menacées de démolition à Bandalungwa, Guillaume Ngefa choisit donc une voie exigeante : écouter, vérifier, confronter les arguments et faire prévaloir le droit avant toute décision irréversible.


Cette posture valorise une Justice qui ne se limite pas aux tribunaux, mais qui participe également à la prévention des abus et à la protection des citoyens, sans sacrifier les impératifs de sécurité publique.


La mise en place de la commission constitue toutefois le début, et non l’aboutissement, du processus. Son efficacité sera jugée à sa capacité à établir les faits et à proposer rapidement une solution juridiquement solide.


Pour le ministre d’État Guillaume Ngefa, le dossier de Bandalungwa représente ainsi une nouvelle occasion de traduire dans les faits le principe qu’il affirme placer au cœur de son action : dans un État de droit, ni l’urgence, ni la puissance administrative, ni la pression sociale ne doivent se substituer à la Constitution et à la loi.


Belo