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Érosions Et Inondations : Judith Suminwa Accélère La Riposte Avant Les Grandes Pluie.

À quelques semaines du retour des fortes précipitations en République démocratique du Congo, le Gouvernement veut éviter que la saison des pluies ne se transforme une nouvelle fois en période de catastrophes pour les populations.


La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a présidé lundi à Kinshasa une réunion stratégique consacrée aux mesures urgentes à mettre en œuvre contre les risques d’inondations et d’érosions dans la capitale ainsi que dans plusieurs provinces du pays.


Selon un communiqué de la Primature relayé mardi par l’Agence congolaise de presse (ACP), cette rencontre s’inscrit dans l’accélération de la réponse gouvernementale à l’approche de la saison pluvieuse.


Autour de la cheffe du Gouvernement ont notamment pris part aux échanges le vice-Premier ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, le vice-Premier ministre du Budget, Adolphe Muzito, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, ainsi que le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde.


Cette mobilisation de plusieurs départements traduit l’enjeu transversal du dossier. Prévenir les catastrophes nécessite non seulement des interventions techniques sur les infrastructures, mais également la mobilisation rapide des moyens budgétaires et financiers nécessaires à l’exécution des travaux.


Une urgence déjà évoquée en Conseil des ministres


La réunion fait suite à la communication de Judith Suminwa lors du Conseil des ministres du 28 août 2026. La Première ministre avait alors insisté sur la nécessité de prendre des mesures urgentes en prévision de la rentrée scolaire et du retour des pluies.


À Kinshasa, l’enjeu est particulièrement important. Chaque saison pluvieuse remet en évidence la vulnérabilité de plusieurs quartiers : caniveaux obstrués, insuffisance ou vieillissement des ouvrages de drainage, constructions dans des zones exposées, occupation anarchique de certains espaces et progression des têtes d’érosion.


Dans plusieurs communes périphériques, les érosions peuvent également menacer les habitations, couper des routes et isoler certains quartiers. Les fortes pluies perturbent parallèlement la mobilité urbaine lorsque des axes routiers deviennent difficilement praticables ou sont temporairement submergés.


La problématique dépasse cependant Kinshasa. Plusieurs provinces connaissent elles aussi des épisodes récurrents d’inondations, d’éboulements ou d’érosions, avec des conséquences humaines, économiques et environnementales parfois importantes.


Passer de la réaction à la prévention


La démarche annoncée par le Gouvernement marque surtout une volonté d’intervenir avant l’installation effective de la saison pluvieuse.


C’est précisément sur ce terrain que l’action publique sera attendue.


Pendant longtemps, les réponses aux catastrophes naturelles en RDC ont principalement été visibles après les sinistres : assistance aux victimes, interventions d’urgence, réhabilitation des infrastructures détruites ou déplacement des populations menacées.


Or, la prévention demeure moins coûteuse humainement et financièrement que la reconstruction après une catastrophe.


Curage régulier des caniveaux et collecteurs, stabilisation des têtes d’érosion, entretien des routes, évacuation des déchets qui bloquent les voies d’eau, contrôle de l’urbanisation dans les zones à risque et identification préalable des sites particulièrement vulnérables constituent autant d’actions susceptibles de réduire l’ampleur des dégâts.


À Kinshasa, cette prévention doit également s’accompagner d’une responsabilisation des autorités urbaines et communales, mais aussi d’une sensibilisation de la population sur la gestion des déchets et l’occupation des zones dangereuses.


Le véritable test sera l’exécution


La réunion présidée par Judith Suminwa constitue donc un signal d’anticipation. Mais l’efficacité de cette stratégie dépendra de la rapidité avec laquelle les décisions seront transformées en interventions visibles sur le terrain.


La présence des responsables de l’Économie, du Budget, des Finances et des Infrastructures autour de la Première ministre montre que l’Exécutif entend traiter simultanément les dimensions techniques et financières du problème.


Il faudra désormais que les priorités soient clairement identifiées, que les moyens soient effectivement débloqués et que les travaux urgents soient exécutés avant l’intensification des précipitations.


Face aux inondations et aux érosions, la RDC ne peut plus se contenter d’une politique de réparation après chaque catastrophe. L’initiative conduite par Judith Suminwa place la prévention au centre de la réponse gouvernementale. Mais avec le retour imminent des pluies, le calendrier est désormais serré : les prochaines précipitations constitueront le premier véritable test de l’efficacité des mesures annoncées.


Le Travailleur