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RDC–Israël : Tshisekedi Achève Sa Visite à Jérusalem Avec L’ambition De Transformer Le Rapprochement Diplomatique En Projets Concrets.

Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a achevé mercredi 2 septembre 2026 sa visite de travail en Israël, marquée par des entretiens de haut niveau avec le président Isaac Herzog et le Premier ministre Benjamin Netanyahu.


Arrivé le 31 août à l’invitation d’Isaac Herzog, le chef de l’État congolais effectuait son deuxième déplacement officiel en Israël depuis son accession au pouvoir, après celui de 2021. Cette nouvelle visite intervient moins d’un an après celle effectuée par Isaac Herzog à Kinshasa, le 11 novembre 2025, signe d’une intensification des rapports entre les deux pays. 


De l’amitié diplomatique à un partenariat stratégique


À Jérusalem, les deux parties ont surtout cherché à donner un contenu économique, sécuritaire et technologique au rapprochement politique engagé ces dernières années.


Lors de son entretien avec Benjamin Netanyahu, Félix Tshisekedi a abordé la sécurité et la défense, mais également l’agriculture, les infrastructures, l’énergie et les hautes technologies. Le Premier ministre israélien a, à cette occasion, exprimé sa volonté d’approfondir davantage les relations avec Kinshasa. 


La portée économique du déplacement mérite également d’être relevée. Selon la Présidence congolaise, la mission devait permettre d’évaluer les opportunités d’investissements israéliens liées notamment au Corridor de Lobito et de faire le point sur les mémorandums d’entente signés le 27 juillet 2026. 


Avec Isaac Herzog, les discussions ont élargi le champ de coopération à l’agriculture et la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau, la santé, l’innovation technologique, la formation, la sécurité et les investissements. 


Pour Félix Tshisekedi, l’enjeu est désormais celui de l’exécution. Le président congolais veut un partenariat « moderne, pragmatique et mutuellement bénéfique », dont la valeur sera appréciée non seulement à travers les accords conclus, mais surtout par leur mise en œuvre et leurs retombées pour les populations. 


La crise dans l’Est portée à Jérusalem


Au-delà de la coopération économique, la visite a offert à Félix Tshisekedi une nouvelle tribune diplomatique pour exposer la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC.


Devant son homologue israélien, le chef de l’État a réaffirmé l’attachement de Kinshasa à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo, en référence à la Charte des Nations unies et au droit international. 


Cette dimension donne une portée particulière aux discussions consacrées à la sécurité et à la défense. Pour Kinshasa, confrontée à des défis sécuritaires persistants dans l’Est du territoire national, l’expertise technologique israélienne constitue potentiellement un axe important de coopération. Mais l’enjeu sera de déterminer comment les orientations politiques annoncées pourront se traduire en programmes, investissements, formations ou transferts de technologies effectivement opérationnels.


Un équilibre diplomatique sur le Moyen-Orient


Félix Tshisekedi s’est également exprimé sur la situation au Moyen-Orient. Tout en réaffirmant l’attachement de la RDC à la sécurité d’Israël et de sa population, il a insisté sur la protection des civils, le respect du droit international ainsi que la recherche d’une paix juste et durable.


Le président congolais a surtout défendu le maintien de la voie diplomatique et du dialogue, estimant que celle-ci devait demeurer ouverte même dans les circonstances les plus difficiles. 


De son côté, Isaac Herzog a souligné l’importance qu’Israël accorde à ses relations avec la RDC et, plus largement, au continent africain. Il a également salué le soutien diplomatique de Kinshasa à Israël sur la scène internationale. 


Une relation appelée à passer le test des résultats


La visite de Félix Tshisekedi intervient ainsi dans une phase de consolidation accélérée de l’axe Kinshasa Jérusalem. La succession des rencontres présidentielles Jérusalem en 2021, Kinshasa en novembre 2025 puis de nouveau Jérusalem en 2026  traduit une volonté politique manifeste de maintenir un dialogue direct au plus haut niveau. 


Pour la RDC, les secteurs retenus correspondent à plusieurs priorités nationales : sécurisation du territoire, modernisation agricole, accès à l’eau, énergie, infrastructures, innovation et investissements. Israël, de son côté, affiche sa volonté de renforcer ses relations avec les États africains. 


Au terme de cette visite, l’enjeu n’est donc plus seulement diplomatique. Le véritable indicateur de la nouvelle relation RDC–Israël sera désormais la capacité des deux gouvernements à convertir les déclarations, mémorandums et engagements politiques en projets mesurables sur le terrain. C’est à cette condition que le rapprochement entre Kinshasa et Jérusalem pourra produire des effets tangibles pour la RDC, particulièrement dans les secteurs stratégiques placés au cœur des discussions.


Le Travailleur